‹ Correspondance de Thomas Lindet pendant la constituante et la législativeChapitre 93 sur 217 · XCVII. — A R. Lindet. Le 11 juin ijço · texte numérisé non relu

XCVII. — A R. Lindet. Le 11 juin ijço

Mon frère, je vous écris ce matin à votre adresse à Evreux : ma lettre sera arrivée avant vous.

[Cette lettre est relative à Tafifaire de Vernon, à celle de Drucourt, dont les municipalités ont fini par s'entendre, et à des emplois que M. Buzot voudrait pour ses parents..., enfin à rinterprétatioQ des dispositions qui règlent la tenue de ces assemblées départementales.]

Voilà donc les grilles forcées, et vos nonnes vont prendre le large (1). Il n'est pas encore facile de juger le nombre de celles qui jouiront du bénéfice de la liberté. Des oiseaux apprivoisés resteront quelque temps dans une cage ouverte; il en sort un qui ne revient pas; les autres qui le voient s'ébattre dans le voisinage ne tardent pas à le suivre. Cependant les religieuses âgées et celles qui appartiennent à des familles peu aisées resteront.

Hommage rendu aux défenseurs de la liberté des

(1) Voir le décret du ij février 1790.

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nations : trois jours de deuil ordonnés par décret pour la mort de M. Franklin (i).

L'affaire des électeurs de Ver non parait décidément terminée et consentie. Celle des gardes nationales ne Test pas...

P.-5. — I/afeire d'Évreux sera rapportée ce soir : et vraisemblablement M. Girard réintégré en sa qualité de citoyen. (Papiers R. Lindet.)

XCVIII. — Aux officiers municipaux de Bernay. Le 14 juin 1790.

Messieurs, la Cour a été très satisfaite de la manière dont la liste civile présentée par le roi a été accueillie par l'Assemblée : elle est retournée à Saint-Cloud.

L'armement provisoire de mer est de 14 vaisseaux de ligne, 14 frégates et 14 bâtiments légers. C'est beaucoup pour des gens qui ne rêvent pas à la guerre.

Nos évoques d'Allemagne et les petits princes qui ont des juridictions ou des fiefs en France, invoquent toutes les forces du saint empire germanique pour nous mettre à la raison... Il y a bien des choses à faire en Allemagne avant de nous attaquer.

[Il conseille à ses correspondants de ne pas omettre de faire valoir leurs droits sur les fortifications de Bernay... Un décret va être rendu incessamment qui autorisera à traiter directement avec les particuliers et privera les municipalités de la préférence. 11 leur conseille d'assembler la population pour demander la démolition du moulin de Sainte-Croix, qui a occasionné les inondations dévastant périodiquement la moitié de la ville. Il les félicite des fêtes patriotiques auxquelles ils prennent part, et leur fait le récit de l'émeute du régiment Royal-Marine, qui, prétendant avoir le droit de s'or-

(i) L'Assemblée prit le deuil le iç juin conformément à son décret du II juin. [Moniteur^ réimpression, IV, Op.)

CONSTITUANTE (l8 JUIN 1790) 185

ganiserà sa guise, avait cassé ses officiers et leur avait ordonné de se retirer de Lambesc dans les vingt-quatre heures.]

L'Assemblée a décrété que son président écrirait à la municipalité de Lambesc, pour louer le zèle avec lequel elle s'est occupée des moyens de retenir ce régiment dans l'ordre. Il écrira une autre lettre à ce régiment, pour l'avertir de rentrer promptement dans Tordre, sans quoi ses députés ne seraient point reçus à la fédération générale du 14 juillet. Cette idée est trop grande pour qu'elle n'ait pas un heureux effet.

Cependant, qu'il sera difficile d'entretenir la discipline tant que dominera l'ancien corps des officiers ! Ce serait bien pour eux le cas d'une démission combinée. Comme on leur en saurait gré! (Papiers R. Lindet.)

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