Correspondance de Voltaire, 1726-1729
11 y a huit ou neuf ans, le hasard d'une recherche sur le xviii^ siècle m'amena à lire le livre de John Churton Collins, Bolivgbroke, a Historical Study, and Voltaire in England^. Plein de faits curieux et alors peu connus, il m'intéressa vivement. A la suite de Collins je cherchai à me représenter ce qu'avait été la vie de Voltaire en Angleterre. En dehors des détails si ingénieusement rassemblés par le critique anglais, la Correspondance, bien intei^prétée, pouvait fournir plus d'un renseignement nouveau. Je lus de près les lettres des années 1726 à 1729, telles que les donnait JMoland. Mais Moland n'avait pas tout connu : quelques lettres lui avaient échappé, d'autres ne furent publiées qu'après l'apparition de son édition, enfin celles mêmes qu'il donnait étaient souvent datées de façon si capricieuse et si arbitraire qu'on ne pouvait s'en servir qu'après tout un travail préliminaire de classement. Aussi, tout en suivant Voltaii'e dans ses pérégrinations, je dus m'efforcer de mettre un peu d'ordre dans ce qui restait de
I. Londres, 188G. Les chapitres sur Voltaire avaient déjà para dans The Cornhill Magazine, 1882, t. XLVI, p. 452-665 et 677-G90. Troisième édition, revue et augmentée, dans Voltaire, Montesquieu and Rousseau in England, Londres, 1908.