VIII INTRODUCTION
la correspondance de cette époque. Je publiai les résultats que j'avais obtenus dans la Revue d'Histoire Littéraire de la France de 1906; j'ajoutai quelques compléments et rectiGcations dans la Revue de 1908. A Toccasion de mon premier article, M. Eugène Ritter voulut bien ra''écrire une très bienveillante lettre où il me communiquait de précieuses corrections et m'engageait à publier une édition de la correspondance de Voltaire pendant les années 172Gir-i.^. J'y pensai dès lors, mais je ne pus m'en occuper immédiatement. C'est cette édition que je voudrais aujourd'hui donner.
Il importe d'abord de déterminer exactement les limites chronologiques dans lesquelles je compte l'enfermer. Il s'agit avant tout, cela va de soi, de la période anglaise de la vie de Voltaire. Mais cette période, on ne sait de façon précise ni quand elle commence ni quand elle finit. Sur la date du départ de Calais, les opinions varient de quelques mois. Quant au retour, j'espère démontrer plus loin ' qu'il a pris place dans l'automne de 1728 au plus tard, mais la plupart des biographes sont d'accord pour le mettre en 1729. Il faut donc trouver d'autres dates. Cela ne peut être difficile. Voltaire songeait dès longtemps à aller en Angleterre, mais s'il y passa en 1726 il est bien certain que l'occasion déterminante fut sa querelle avec Rohan- Chabot. Il y a là un brusque changement d'orientation dans sa carrière. La dernière lettre de 1 72') que nous ayons est datée de Fontainebleau, le i3 novembre. C'est un vrai chant de triomphe. Voltaire vient de recevoir de la reine une pension qu'il ne demandait pas : <<. C'est un acheminement pour obtenir les choses c^nil demande. » Et à quoi ne peut-on aspirer quand on est au mieux avec tout ce