Jbid
G. Cf. Moland, 1. 337 et 3/i3.
LES LETTRES ANGLAISES. 3o5
téressé et qu'il ait laissé plus tard Jore finir l'édition à sa guise ^
Cependant Voltaire, rentré à Paris, a déjà de nouveaux projets en tète. En mai 1782 il veut imprimer Eriphyle à Rouen, puis se ravise brusquement. La pièce qui lui a coûté bien des peines déjà n'est pas à point -. A quelques jours d'intervalle il mentionne pour la première fois le Siècle de Louis XIV^. Deux semaines après (29 mai) il écrit à son ami Formont qu'il a fait un acte de Zaïre''. Le i3 août il faisait jouer sa pièce. En septembre il parle de refondre Eriphyle et la Mort de César et il prépare pour une édition de Hollande des additions à son Charles XH, où il répondra aux critiques de La Motraye : « Quand je me serai dépêtré de ce travail ingrat, j'achèverai ces Lettres anglaises que vous connaissez ; ce sera tout au plus le travail d'un mois; après quoi il faudra bien revenir au théâtre, et finir enfin par l'histoire du Siècle de Louis XIV. Voilà, mon cher Formont, tout le plan de ma vie^. »
Le Siècle de Louis XIV, il y pense bien déjà, comme on voit, mais il ne s'y mettra que plus tard. Quant aux Lettres anglaises, dès novembre en effet de cette même année 1732, il s'en occupe activement : il prend auprès de Maupertuis des leçons de philosophie newtonienne^, et il se convertit à « Isaac ». Il médite d'écrire sur son système quatre ou cinq lettres qu'il tâchera d'égayer autant que faire se peut. INIais, voulant rester en France, il est obligé d'atténuer ce qu'il a dit de Locke. Il lit à Fleury quelques lettres sur les Quakers, mais dans un manuscrit expurgé : il ne dit pas s'il compte aussi expurger pour le public'. Il est clair du reste, à lire la correspondance de cette époque, que les Lettres anglaises sont prêtes. Voltaire retranche, ajoute,