‹ Correspondance de Voltaire, 1726-1729Chapitre 156 sur 162 · Moland · texte numérisé non relu

Moland

3o6 APPENDICE IX.

adoucit, mais il travaille sur un manuscrit qui déjà forme un tout. Quand a-t-il commencé les Lettres an^daises'!

Nous venons de voir qu'en septembre 1782 il déclare qu'il lui faudra tout au plus un mois pour les achever. Le 9 juillet il mandait déjà à ïhieriot : « I hope to send you within a few months my Enf^^lisJt Letters ^ » Le l'i mai il n'avait pas parlé différemment ; « As to ihe EnglLsh Letters, be sure / ^^ill put t/ie last hand to tlieni in a very short time "-. » Dès le 2 février il écrit à Cideville : « Je ferais bien mieux de ne plus songer au théâtre... 11 vaudrait mieux cent fois revenir achever mes Lettres anglaises auprès de vous-*. » Mais le 21 novembre 1^31 il avait dit presque la même chose à Formont : « J'ai aussi à vous consulter sur la manière dont je dois finir mon Essai sur le Poème épique et mes Lettres sur les Anglais^. » Il résulte de tout ceci que, dès le retour du voyage de Rouen, Voltaire a déjà en portefeuille ses Lettres anglaises à qui il ne manque, comme à V Essai, que la dernière main. Les a-t-il composées à Rouen? C'est possible, mais nous en doutons. Qu'on se rappelle l'énorme labeur qu'il a fourni pendant ces trois mois et demi. « J'ai passé un mois entier dans mon lit, éci'it-il à Thieriot le io juin 1731. Ce qui m"a prolongé ma fièvre est un étrange régime où je me suis mis. J'ai fait toute la tragédie de César depuis qix'Eriphylc est dans son cadre. J'ai cru que c'était un sûr moyen pour dépayser les curieux sur Eriphyle : carie moyen de croire que j'ai fait César et Eriphyle, et achevé Charles XII en trois mois! Je n'aurais pas fait pareille besogne à Paris en trois ans^. » Le moyen en effet, et le moyen de croire qu'en plus de tout cela il ait encore fait les Lettres anglaises"!

Est-ce donc à Paris qu'il les a composées, avant le voyage

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