Voir p. 76, n
2. Nous avons vu que le livre fut traduit à quatre reprises différentes de 1672 à 1711, une fois en latin et trois fois en anglais; la traduction d'Oekley fut même réimprimée en 1781. Ainsi, à ne juger même que par la règle de Voltaire, le livre ne pouvait être si mauvais.
3. Voici le titre du second volume : Part III, A Voyage to Laputa, Balnibarbi, Glubbdubrib, Luggnagg and Japan. Part IV, A Voyage to the Houyhnms.
Stick lo tlio lirst", llic other is overstrain'd, The reader's imagination is pleased and charrningly entertain'd by Ihe new prospects'' of thelands which Gulliver discovcrs to him, but that continued séries of new fangled follies, of fairy tales^ of Avild inventions, palis' at last upon our taste; nothing unnatural may please long; t'is for this reason that commonly the second parts of romances are so insipid. Farewell, my services to lliose who remember me, but 1 Iiope I am quitc forgotten'.
Suscription'' :
a Monsieur,
Monsieur Tiriot, chez Madame la P^ de Berniere près du Pont Royal,
Rue de Baune,
a Paris.
... J'ai eu vraiment une peine incroyable à trouver ce maudit livre qui, sous le litre de Perfectionnement de la raison Iniinaine, est un modèle d'absurdité d'un bout à l'autre. Ajoutez que ces absurdités sont très ennuyeuses, et dès lors insupportables aux Français qui détestent la
(a) Mol., 51. Gulliver, wliich (bj- the by, I don't advise you to translate) strikes at the first.
{b) Mol., pros])Cct.
(c) Mol., of new fangles, follies of fairytales.
{d) Mol., pall.
(e) Mol., forgot hère.
if) '^u verso de la deuxième page, fi côté de la suscription, on voit Tempreinte du cachet de la poste anglaise : 28 Fe [bruary], ce qui nous donne la date précise de la lettre.
folie elle-même lorsqu'elle est fade et glacée. Ce livre est rare, parce qu'il est mauvais, le sort de tous les mauvais livres étant de n'être jamais réimprimés. Ainsi j'ai passé près de quinze jours à le chercher jusqu'à ce qu'enfin j'aie eu le malheur de le ti'ouver. J'espère que vous ne lirez pas de très près cet écœurant roman de spiritualité, quoique en vérité vous méritiez de le lire pour vous punir de la peine que vous m'avez donnée de le chercher, de l'ennui que j'ai eu de lire un passage de cet ouvrage fantasque et sot, enfin de votre facilité à croire les gens qui vous ont donné une si grande opinion d'une pareille pauvreté. Vous trouverez dans le même paquet le second volume de M. Gulliver, qu'en passant je ne vous conseille pas de traduire. Tenez-vous-en au premier, le second est outré. L'esprit du lecteur est charmé et agréablement captivé par la perspective nouvelle que lui offrent les pays que Gulliver lui découvre; mais cette suite non interrompue de folies d'un nouveau genre, de contes de fées, d'inventions extravagantes finit par rassasier. Rien de ce qui n'est pas dans la nature ne peut plaire longtemps ; c'est pour cela qu'ordinairement la seconde partie des romans est si insipide. Adieu; mes compliments à ceux qui se souviennent de moi, mais j'espère qu'on m'a tout à fait oublié.