Dans l'édition de 1780, la première qu'il publia à son
Il n'y a que vous et M"" de Maisons dans le monde que je veux qui voiez mes vers *. Adieu, mon très cherTiriot, je vous embrasse mille fois".
My duties to llie ladies of your liouse \ if they hâve not quite forgot me. I am mightily glad for your improvement in English; I hope you won't take hereaftcr the Râpe of the loch pour une serrure; but remember tliat there is no other way to get the true English pronuntiation than to corne over into England. Farewell.
2 February, o. s.
.... Mes respects aux dames de votre maison, si elles ne m'ont pas tout à fait oublié. Je suis charmé de vos progrès en anglais. J'espère qu'une autre fois vous ne prendrez pas V Enlèvement de la boucle de cheveux pour une serrure ^ ; mais rappelez-vous qu'il n'y a pas d'autre moyen d'attraper
(a) Le paragraphe qui suit est bien dans le Supplément de i8o8, mais s'est perdu en cours de route : il n'est déjà plus dans Beuchot (i83o), et par conséquent on ne le trouvera. pas dans Moland.
retour en France, Voltaire mit à ces vers la note suivante : « C'est à Westminster que s'assemble le Parlement d'Angleterre ; il faut le concours de la Chambre des Communes, de celle des Pairs, et le consentement du Roi pour faire les loix «. On lui a parfois reproché de ne s'être pas intéressé à la constitution anglaise : on voit quen tout cas il en avait compris le principe. Voir aussi la préface de l'édition anglaise des Lettres philosophiques, éd. Lanson, t. II, p. 249-
1. Thieriot habite toujours dans la maison de la rue de Beaune (cf. 1. 34) : il s'agit donc ici de la Présidente de Bernières et peut-être de sa sœur dont Voltaire a parlé plusieurs fois avant 1726 : Moland, 1. 83 (partie inédite) et 1. 97.
2. Lock signifie en anglais à la fois une « boucle de cheveux » et une « serrufe ».
la véritable prononciation anglaise que de venir en Angleterre. Adieu.
2 février, vieux style.
M. DE nnOGLIE* A M. DE MORVILLE ".
A Londres, le o mars 1727 -• Monsieur,
Le S. de Voltaire, que vous m'avez fait l'honneur de me recommander et pour lequel vous m'avez adressé des lettres de recommandation pour les ministres de cette cour, est prest à faire imprimer à Londres, par souscription son poème de la Ligue. Il me sollicite de lui procurer des souscrivants, et M. de vValpole ^ s'employe de
(a) Archives du ministère des affaires étrangères, « Angleterre », vol. CCGLYIII. — Jusserand, Enqlish Esxays front a French pen, Londres, i8ç)5, p. 21k. — Churton Gollins, Voltaire, etc., in England, p. 275. — P. Deseille, Traduction de Ch. Gollins, p. G9.
1. François-Marie de Broglie (les contemporains, soit en France, soit en Angleterre, disent souvent Broglio), né en 1671. lieutenant général des armées du roi en 1709, ambassadeur en Angleterre depuis janvier 1724. Il rentre en France en 17^0, fut fait maréchal de France en 1785 et mourut en 1745.
2. Il est difficile de déterminer si la lettre est datée suivant lancien ou le nouveau style.
3. Sir Robert Walpole. plus tard comte d'Orford, 1676-1745, le tout-puissant ministre de George F"" et de George II. Il gouverna lAngleterre de 1721 à 1742. H est intéressant de voir un homme si occupé s'employer à trouver des souscripteurs à un poète épique. Il fit certainement bien les choses : il souscrivit pour 8 exemplaires et entraîna avec lui son fîls et tout le Cabinet. Les deux secrétaires dEtat, le vicomte Townsliend et le duc de Newcastle s'inscrivirent chacun pour 6 exemplaires : on se rappelle qu'Horace Walpole avait écrit directement au duc de Newcastle (1. 25). Nous trouvons encore sur la liste : le secrétaire d'État à la Guerre, le très honorable Henry l'elham
son côté tout de son mieux pour tâcher de luy en faire avoir le plus grand nombre qu'il sera possible; je serois très aise de luy faire plaisir, mais comme je n'ay point veu cet ouvrage, et que je sais point si les additions et soustractions qu'il dit avoir fait à celui qu'il a donné au public à Paris, ni les planches gravées qu'il en a fait venir pour l'enrichir * seront approuvées de la Cour, je luy ay dit que je ne pouvois m'en mesler qu'autant que vous l'auriez pour agréable. Je crains toujours que des auteurs françois ne veuillent faire un mauvais usa^e de la liberté qu'ils ont dans un pays comme celuy-ci d'écrire tout ce qui leur vient dans l'imagination sur la Religion, le Pape, le gouvernement, ou les personnes qui le composent. Ce sont des licences que les poètes particulièrement se croyent toujours en droit de se donner, sans s'embarrasser de prophaner ce qu'il y a de plus sacré. Et s'il se trouvoit quelque chose de pareil dans ce poème, je ne voudrois pas être dans le cas d'essuyer le reproche que j'y aurois souscrit et engagé des gens à y souscrire. Je vous supplie très humblement, Monsieur, de vouloir bien me mander la conduite que je dois tenir à ce sujet; je me conformeroy à ce que vous me feres l'honneur de me prescrire -.
(3 exemplaires), le secrétaire de la Trésorerie, l'honorable John Scroope, et le Grand Maître des Postes, l'honorable Edward Carteret.
1. L'édition de 1728 sera en effet la grande édition qu'il prépare depuis si longtemps et pour laquelle il s'occupait de faire dessiner et graver des estampes dès 1722. Voir en particulier Moland, 1. 60, 61, 72 et 7.5.
2. On n'a pas retrouvé la réponse de M. de Morville, mais il est certain que le nom de M. de Broglie ne se trouve pas sur la liste des souscripteurs. Le corps diplomatique y est pourtant assez bien représenté : le comte Welderen, ambassadeur de Hollande; le baron Solenthal, envoyé extraordinaire de Danemark; le comte Dheu, ministre plénipotentiaire de Brunswick;
J'ay celuy d'être, avec un très sincère et très parfait attachement, Monsieur,
Votre très humble et très obéissant serviteur,
BnOGLlE.
VOLTAIRE A THIERIOT "
[il] mars l'^'i'J '.
Je vous envoyé, mon cher Tiriot, les livres que je vous ay promis; vous les recevrez par la voye de M"^ Dunoquet, trésorier des troupes a Calais, a qui je les adresse et qui les mettra au coche de Calais, pour Paris, adressez a vous, chez Madame de Dernière.
It w^as indeed a very hard task for me '' to fmd that damn'dbook wliich under the title oî Improve-
(a) Bib. Nat., fr. i2<)38, p. i/ii, 2 p. ia-4'\ En haut de la première page, en apostille, d'une main différente de celle de la lettre : A M. Thiriot, et : mars 1727. — De Cayrol et Fr., Lettres inéd., p. 3.'). — Moland, 1. 170.
(b) Mol., formed.
le baron Spar, envoyé extraordinaire de Suède, ont tous souscrit pour un exemplaire: de même Horace Walpole, ambassadeur d'Anj^leterre près la cour de France. On remarquera quil n'y a là que des représentants d'Etats protestants.
I. La lettre est datée : mars 1727. Il est probable que cette indication est de Thieriot. Voltaire met quelquefois simplement le jour, ou le jour et le quantième, mais nous navons pas vu qu"il se bornât à indiquer le mois. Au verso de la 2'" page in-4'', à côté de la suscription, on voit le cachet de la poste anglaise : 28 F1-: [bruary]. Nous eu concluons que la lettre a été écrite le 28 février = 11 mars nouv. style.
ment of Humane Reason^ is an example " of nonsense from onc end to thc otlier, and which besides is a tedious nonsense and consequently very distasteful to tlie French nation who dislikes'' madness itself when madness islanguishingandflat. The bookis scarce, becauseitisbad, itbeingthe fateof ail the wretch'd books never to be piinted again ". So I spent almost fortnighf^ in the search of it, till at last I had the misfortune to find it. I hope you will not read thoroughly that spiritual nauseous romance'', tho indeed you deserve to read it to do penance for the trouble you gave me to enquire after it, for the tiresom perusal I made of some part* of this whimsical stupid performance, and for your credulity in believing those who gave you so great an idea of so mean a thing. You will find in the same pacquet^ the second volume of M' Gulliver which by the by I don't advise you to translate ^
(a) Au lieu de an example. Voltaire avait d'abord écrit a pattern : il a barré cela et a écrit au-dessus le début d'un autre mot, puis s'est ravisé et sur ce début a récrit example.
{b) Mol., that detests.
(c) Mol., a lortnight, — ce qui est plus correct.
(d) Mol., read throughout that spiritless nonsense romance.
(e) Mol., parts.
(/") Mol., parcel.