AU DUC D'AUMALE
[ Novembre 1562.]
Monseigneur, je vous ay ces jours passez escript pour Tartillerie et poudres de ce pays, et ce jourd'bui j'ay receu ung brevet du Roy avec une lettre de vous que Monsieur de Nemours me envoyé pour avoir ladicte artillerie, cbose que je n'ay peu faire sans en avoir une plus ample descbarge, d'aultant que cella emporte Testât de ce pais, si l'on c^toit assailly, mesmes pour la perte de la ville de Challon, ainsin que je vous ay escript. Je n'estyme pas cest inconvénient là cy petit que je ne voullusse avoir donné dix mil escuz du mien, et il no fiist advenu au temps où nous sommes. Toutesfois je obéiray en ce qu'il me sera commandé, non sonllement en cella, mais à remettre le pais à (jui il plaira au Roy, pourveu que j'en aye l)onne descbarge. Ce que je vous en escris est alTni qu'il vous plaise d'y avoir égard, d'aultant que les choses vous toj.ichent plus qu'à personne. S'ilz eussent demandé une canlitez moyenne de ladicte artillerie, il y eust heu quolqlie apparence; mais d'en debmander huit canons, deuz longues et quattre bâtardes, cella est eslrange, estant
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cedict païs icy plus près pour estre assaillie des ennemys que pais du Royaulme de France, et mesmes des Allemens qui nous sont à présent ennemys. Il vous plaira veoir l'expédition que j'en fais à la Royne avec le mémoyre qu'en emporte ce porteur, pour y pourvoir ainsin qu'aviserez.
Au demeurant. Monseigneur, la citadelle de Challon sera en deiïence dedans quinze jours, et est de besoing d'y pourvoir d'ung capitaine. J'en ay dict mon oppynion à ce porteur que vous croyrez, s'il vous plaict, en ce qu'il vous dira de ma part, comme aussi touchant Seurre; car c'est chose de grande importance. Il vous parlera aussy de Montconis, que je vous suplie avoir pour d'aultant recommandé qu'il est vostre serviteur, tel que vous l'avez peu congnoistre. Je ne Tay pas laissé en repos tant qu'il a esté icy; il vous ira treuver bien tost. Ledict porteur vous dira le surplus, occasion que je ne la vous feray plus longue. Priant Dieu, Monseigneur, vous donner en santé très bonne et longue vie.
Bibl. Nat. — Fonds français. — Ma. 4634, f. 6-2. — Minute.