AU DUC DE NEMOURS
Dijon, 19 décembre 156Î.
Monseigneur, j'ay receu voz lettres du douziesme de ce mois, par lesqifelles il vous plaict me mander qu'avez despeché une commission pour faire ung emprunt sur ce pays de vingt mil escuz, et que je tienne la main à ce que Hz soyent levez le plus sou-
DE GASPARD DE SAULX-TAVANES Ul
dain que faire se pourra. Monseigneur, ma puissance est cy petitte de ce cousté là que je suis engagé en ceste ville pour cinq mil escuz que j'ay prins à frais des marchantz, et les avois assignez sur les empruns que j'avois getez. Mais il ne m'a esté possible d'en recouvrer ung liard. Je croy que vous pensez bien que je y ay faict assez bonne dilligence pour en estre deschargé, vous assurant que je serois très aise que lesdicts vingt mil escuz se puissent treuver pour le service du Roy, et ne tiendra à moy que ceulx à qui vous en avez adressée la commission ne soyent obéis. Au demeurant, quant à ce qu'il vous plaict me mander que j'ay faict des difficultez aux choses où vous pouvez acquérir honneur, je ne puis bonnement penser en quoy; car je n'ay jamais désiré, sinon vous faire service très humble. Si vous le dictes pour l'artillerie et municions que vous avez demandées, c'est chose, après avoir faict les remonstrances telles que je dois pour Testât de ce gouvernement et debvoir de ma charge, à quoy je n'ay jamais faict difficulté, pourveu que j'en eusse mandement tel qu'il apperlient, affin d'en estre descliargé; qu'ainsy ne soit les lettres que j'en ay escriptes au Roy et à vous en pourront faire foy, comme aussy vous le pourra dire le commissaire qu'avez envoyé icy pour cest l'iTaicl, vl ne lionz qu'à une bonne descharge (jue j'ay envoyé quérir; à quoy l'on a dilTéré jusques à coste heure de me respondre, à ce que m'a mandé Monseigneur d'Aumalle, parce que l'on parle de paix. Mais que j'aye ladicte descharge ti*lle (pi'il appartient, je ne bailleray seullemcnt l'arlillorie mais toutes les places do