‹ Correspondance des Saulx-Tavanes au XVIe siècleChapitre 110 sur 226 · A LA REINE-MÈRE · texte numérisé non relu

A LA REINE-MÈRE

Dijon, 5 juillet lo63.

Madame, vous verrez la responce que je faiz au Roy sur les lettres patentes que Sa Majesté m'a envoyées pour faire poser les armes. Je mectray tousjours toutes les peines qui me sera possible pour la faire obéyr, et tenir son pays en seurté. Touchant ce qui vous a pieu m'escripre de Vantoux pour Mascon, l'ayant envoyé par delà, vous luy en aurez peu commander vostre volunté, comme de chose qui importe grandemant à Sadicte Majesté. Et quant à ce qui vous plaict me mander que vous avés infinies plainctes de ceulx de la nouvelle religion de ce pays, ce sont gens turbullans, qui n'ont poinct de pascience, et que, si à tous les coups vous les voullés ouyr, il ne sera jamais jour. L'eedict a esté publié et les ay faicttous rentrer ta mesure qu'ilzsontvenuz et principallemant les domiciliez. J'en ay faict rechasser seullementcinq ou six, qui vouloient entrer en ceste ville, gens vaccabons, sédicieux qui n'ont rien à perdre, ayantz esté reprins de justice pour aultre faict que la religion ; ce sont gens qui ne demandent que remuemant pour venir au pillage. II

DE GASPARD DE SAULX-TAVANES d.^0

n'y a heu de difficulté en lieu du monde qu'à Gascon, où j'en ay faict rentrer une partye et à cause de leur insolence fays attendre à y remectre les aultres jusques à ce que ledict Yantoux apporte vostre résolucion. Ceulx de Beaulne ont faict aussi quelque difficulté de ne vouloir rentrer, s'ilz n'estoyent accompaignez, et avoient amené avec eulx des gens estrangers armez pour y rentrer en trouppe, ce que je ne leur ay voullu souffrir. Enfin tous les domiciliez sont rentrez et sont en leurs maisons paisiljlemant. Si j'avoys quelque peu de forces pour tenir en crainte les ungs et les aultres, comme je vous ay escript, je me tiendroys bien plus asseuré de la tranquilité, et croyés, s'il vous plaict, Madame, que je y feray ce que je pourray. Si va quelques-ungs devers vous qui se plaigne, m'en advertissant, je mectray peine de vous satisfaire.

Madame, etc.

De Dijon, ce v» juillet 15C3.

Tiiia. N.it. — Fonils français. — M-.. V>X\, f. CI. Minuto.

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