‹ Correspondance des Saulx-Tavanes au XVIe siècleChapitre 137 sur 226 · AU SIEUR PRIVEY · texte numérisé non relu

AU SIEUR PRIVEY

RECEVEUR DE CUaTILLON (1) La Marche (2), 8 avril 1563.

Monsieur le recepveur, j'ay receu voz lectres, et vous envoyé ung pasport pour passer le vin de Monsieur le duc de Saxe, auquel je désire singuliére-

(1) Celte lelire est écrite on n'-ponac h une l'élire clntt'^e de Dijon, môme jour (ms. 4(;:<C, i. 15), et rmaiiniil tl'uu liu«iieiiol de Cliûtillou. Celui-ci remercie Tavnnes au nom île ses coreligionnaires : c'est à vous, (lit-il, (jue nous devons U» liliie exercice de notre rermion;maié le lieutcminl de Clii\tdlou a i)ublit' à voire insu un mandement, h la suite duiiuel on commence à nous rechercher et à nous jeter dea pierres. Il di'fen»! à ceux »le la relijjiou autres ipie ceux tle sou bailliage d'as.sister aux cxerencs. sous peine de saisi»* de leurs chevaux. Il y a quinze jours il a fait euiprisonner quatre mo';ons qui i hantaient des psaumes, et, après les avoir delemis dix jours, les a condamnés cliac.un à cent sous d'amende. Faites en borte que la paix ne soit point troid)lée.

(i) La iMarchc-sur-Sai^uc ;C6le-d'0r;, à 33 kil. de Dijou.

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ment faire très humble service. Quant à ce que me ruendez de ce qu'a faict le lieutenant de Chastdlon, son estât est de lej^niir la main de faire observer les ordonnances du Roy, et niainte^niir la juslisse et polisse et qu'il ne se fasent choses qui puissent amener tumulte ny sédicion, sans être pugnie, en espargnant les ungs ni les auUres. Il n'y a celuy qu'il ne sache bien ({ue ce n'est poinct de mal faict de chanter les psalmes, mais de scandalliser en pul)lic, cela est delîendu pour estre quelque fois cause desdictes sédicions. Je m'en voys à Dijon, où je verray les ordonnances de Sa Majesté, atin que sy ledict lieutenant les a en quehjue chose excédée, je luy en escripve bien au long, et encoires qu'il n'y ayt rien excédé, je ne larré à luy escripre, aflin (ju'il advise de tenir la main à ce que ceux de l'ancienne religion se contiennent en paix. Mais aussy je vous prie que les vostres fasent le semblable et y tenir la main. Je suis bien ayse que jusques à ceste heure vous avez vescu doulcemanteten repoz, einssy que me mandez. Me recommendant à vous, je prie Dieu qui vous veuUe garder.

De La Marche, ce viil« apvril 1565.

Bibl. Nat. — Fonds français. — Ms. '.G3i, f. 131. — Minute.

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