‹ Correspondance des Saulx-Tavanes au XVIe siècleChapitre 149 sur 226 · AU ROI · texte numérisé non relu

AU ROI

Dijon, 1 oclobro \o61.

Sire, vous avez de ceste heure peu entendre comme Auserre, dont je vous avoys par cy devant escript estre en grand double, a esté prinspar ceulx de la religion qui se dit réformée; d'aultre part ayant commandé à Monsieur de La Guiche, gouverneur de Mascon, y a plus de quinze jours se retirer dans ledict Mascon pour y donner ordre, et qu'il y avoit quelque aparance non toutesfois descouvertes que ceux de ladicte religion faisoient quelque entreprinse, ainsy que je vous avoys mandé. J'ay entendu qu'ilz ont saisi ledict Mascon; n'ay encoires sceu sy ledict La Guiche estoit dedans ou non. Je ne vous mande point aussy le nombre de gens qui ont estez tuez dedans. Vostre Majesté le saura cy après.

Vostredicte ^Lijestô sçait Testât de ce pays pour r«'n avoir advertye plusieurs fois et mesmes depuis ces troubles commansez sans en avoir heu aulcune responce : sur (pioy il vous plaira m'en commander vostre volunté. Au demeurant, Sire, le commissaire La Barre avec le contreroleur Bénigne présent porteur ont esté par d 'sà pour faire racoustrerTartillerye dans les places, où je vous puis asseurer qu ilz ont auUaiit bien mesnagé l'argent, (jui leur avoit esté baillé, (ju'il eust sceu estre, ayant de peu faict beaucoup. Sy Vostredicte Majesté leur eust encoires faict doimer dmix mil IVans, ilz eussent mis toute

l'artillerye de ce pays en sy bon estât qu'il n'y eust rien faillut de cinquante ans. Je vous su[)lie, s'il est possible, les voulloir renvoyer avec argent. Sire, je ne vous escrips point tout ce que je pourroys bien, sachant que les chemins ne sont pas seurs. Sire, etc.

De Dijon, ce premier octobre 1567.

Bibl. Nat. — Fonds français. — Ms. 'J635, f. 28. — Minute.

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