AU LIEUTENANT DE MAÇON
I Dijon, 5 octobre 1567.
Monsieur le Lieutenant, j'ay receu voz lettres et suis bien merry qu'il faille que ceulx de Mascon se mectent tousjours en peine et y mettent les aultres. Toutesfoys pour éviter plus grandz inconvéniens, il me semble que vous et eulx avés bien faict de passer le concordat ; et quant ce eust esté le bon plaisir du Roy, je les y eusse aussi bien faict entretenir que en l'aultre manière qui leur estoyt permis; mais d'aultant qu'il est question d'un eedict, où je ne puis, comme vous et eulx sçavés, bonnemant toucher sans la volunté du Roy, je suis d'advis d'en advertir Sa Majesté, mesmes luy persuader le trouver bon, et y envoiray homme exprès, si les deux partyes le veuUent ainsi. Et ce pendant je suis d'oppinion que le concordat tienne d'une part et d'aultre, que l'on oblye toutes choses et que l'on vive en tranquilité. Si ceulx de la religion veuUent garder ce petit chastoau qui y est, attendant que j'aye ratiffié
suyvant ce qui est dans ledict concordat, j'en suis bien de cet advis; mais il fauldroyt aussi que après la ratiffication dudict concordat le cappilayne qui estoyt dedans ledict cliasteau y fust remys. Et ce pendant il fault que toutes hostilitez, réparassion, fortification, euvitaillemant et fasson de guerre cesse et letrafiq de marchandises devienne libre. J'ay advisé d'y envoyer mon secrétaire présent porteur, qu'ilz congnoissent tous qui est de Mascon, mais il fauldroyt qu'ilz lui baillassent quelc'ung de la religion pour Taccompaigner, affm qu'il peust passer à seurté. Vous négocyerés ceste affaire, Monsieur de Vantoux et vous en toute seurté. Qui est Tendroyt, etc.
De Dijon, ce v» octobre 1jC7.
Bibl. Nat. — Fondi fi\uii.;iiH. — Mi. 503'., f. 136, — Miiuilo.
ioi. AT 1U)I
Oijoii, Il oclol)ro loG7.
Syre, vous avez entendu la prinse de Mascon par ceulx qui se dientde larelligion réformée, à KKjuelIe ])rinse fut détognu vostre lieutenant au bailliage, et despuis relâché pour nie venir faire entendre corlaiu concordai faicl cnli'c Tuik* et l'aulli'i^ ri'lligion en ladicte ville, UnpielilzdiMnandoytMit oslreratlilTyé, chose ([ue j(^ ne Irur ay voullu accorder sans vostre commandement, joint (jn'il/ cntendoient lailicterattilficalion estre aprcz faicli' [)ar Vostre Majesté. Kt m'a semblé pour faire cesser les armes d'une part
etd'aultrc, et y mectre la paix, vous donner adviz deKuir volhnilé (lui no tond sinon à bonne fin pour le repos de toutes les deux partyes. Par quoy je leur ay accordé de vous envoyer ce porteur pour le conduyre et passer seurement, et l'ay faict accompaigner de Tung des leurs, à qui esté promis seurté(l). Je supplie très humblement Vostredicte Majesté peser ce faict, car il me semble, sauf toutesfoysvostre oppinion, que cella n'importe pas beaucoup et demeurera vostre pays en repos de ce costé là. Je ne fauldray obéyr à ce que il vous plaira me commander. Le plustost faire rcsponce c'est meilleur pour y faire cesser toute hostillité.
Uibl. Nat. — Tonds fiançais. — Ms. ^GG."), f. 30. — Minulo.