‹ Correspondance des Saulx-Tavanes au XVIe siècleChapitre 156 sur 226 · DEPECHE ENVOYEE A LYON · texte numérisé non relu

DEPECHE ENVOYEE A LYON

M octobio lo67.

La ville de Metz est prinse par Ossansse, Salcede, le président et Royta l'ingénieur frère de l'ingénieur de la citadelle de Lyon, qui sce sont déclarez pour ceulx de Chastillon. La citadelle tient fort; le sieur de Guise pour la secourir arrive aujourd'huy à Thoul avecque xxi compaignies et m. chevaulx ; et Tentreprise de nous joindre retardée jusques au xv^ du prochain, qui pensent estre de retour à Genville, avoir reprins Metz, establi bonne guarnison en Lorraine , à l'évesché de Metz et Luxambourg qui sce gouverne par inteligensse, pour empêcher leur reistres de vegnir (1). L'on a congnu

(1) D'Ansance, commandant de la garnison de Metz, ùtait, dit-on, d'accord avec les luifrucuols; mais il n'osa les seconder jusqu'au bout, leur livrer la citalelle , et contribua à romellre la ville sous ^'autorité du roi. {Histoire de Metz, jiar les Bénédictins, t. 111 p. 93-94 )

Cf. sur les mouvements de troupes .]ni se faisaient en Lorraine et sur rexfiédilion à laquelle Tavanes allait coopérer activement, les ctlres qui lui furent adressées pendat:t tout le mois d'oclobre par le cardinal de Lorraine. (Ms. iCO, f 7 1o.)

par des paquetz que l'enttreprise n'estoit que jusque aprez que nous serions parttiz, et ne penssoient que debmeurissions, tant penssoient prandre la citadelle par le moyen des reistres, yverner là leur armée, sce faire roys de la Lorreyne. Il n'y a nul reistres enchères dessa le Rhin. Or il fault veoir sy vous avez moyen d'assaillir Mascon. Poncenat a huit cenz honanes, et quattre cens qui luy vont de Borbon, sans les gens de cheval et sce qui estoit dans la ville. Il fault reguarder quel moyen il y a de l'attrapper avant qu'ilz renttrent dedans ; je ne cognois le païs de Dombes; le guardant d'enttrer, l'on en auroit beaucoup meilleur marché; s'il estoit chassé dudit Dombes, sce peult faire que sans s'arrester à Mascon il enttreroit en laBourguongne, ouz il seroit facille àdeiraire, ouz du moins le chasser loing dudit Mascon par le moyen de la cavallerie que je foys retorner pour ceste exécussion, et envoie le sieur de Vantoux pour faire tegnir preste l'artilierye; mais nous avons peuz de pouldre, à cause que vous en avez cinquantte milliez de la nostre que cmi)urtta Monsieur de Nemours, la(iuelle il fault numméniant rapportter, ouz nous tirerions court. Nous y meyiierons les Souysses, s'ilz y veullent aller, atandant les Grisons; je creins qu'ilz ne vculleiit marcher sans faire monstre, et il n'y a i)as ung graiit hlaiiii par dessa. Nous ne pouvons foriiir [)lus de sys ouz cept cens hommes de pied fraiiyois; vous avez parllo de cept (Misseignes; j'estime ([ui n'y a pas plus de sys vins honnnes à chascugne. Sy de torlugne ledit Poncenat renttre dedans, c'est lro[) p^'U de la moitiez pour l'assaull ; car il fault assaillir [>ar douz

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licuz. cl faull y vi\L;nir (bit ci sec hasler, car audict xv% il t'ault que je m'en rctorne joindre aveque Monsieur de (iuise pour secourir le Roy. Je n'ay que troys canonnierz en tout sce pais, et fault qu'en amegniez et nous ayder de pionnierz. Je feray descendre pein et vin, vous ayderez de cherzpour vaus gens. Les deuz principaulx poins sy dessuz est le paiemant des Souysses, et avoir avyz pour attrapper ledit Ponssenat. Il fault gens de pied et de cheval, d'ault;int (jue j'estime qu'il le fauldra assaillir en ung village, estant malaysé le trouver en marchant. Mandez vostro aviz de tout sce que dessus pronttemant, et quel moyen vous avez de ayder pour laditte exécussion dudit Poncenat. Il'fauldroit treuver moyen de sce treuver enttre Mascon et luy, et ung randez vous facille à tous les deuz, les gens de pied vegnant de vostre costé et les gens de cheval du nostre. Advertissez en dilligensse Vantoux, qui me mandera tout. Cependant je fais raprocher la cavallerie le plus secrèttemant que je puis, surtout fault donner ordre pour le payemant des Suisses. La dilligence secrette emporte tout pour l'exécution dudict Poncenat.

Depuis mes lettres escriptes, j'ay prins advis de faire Vantoux assés fort pour combattre Ponssenat là où il le trouvera, et pour ce faire l'yra chercher en Dombes et se gecter entre Mascon et luy; mais pour aultant qu'il y a plusieurs refuittes, je crains qu'il escliappe et (juil aile gaigner Toissey (i) et là

(1) Tlioissey (Ain^ h 30 kil. de Trévoux.

passer la rivière pour retourner audict Mascon. Par quoy seroyt bon que de vostre part missiés ensemble touttes voz forces tant de pied que de cheval, et les faire marcher la nuict, se gecter dedans Villefranche et tenir les portes fermées tout le jour, et la nuict aprez aller passer l'eaue àBelleville ou aultrepart, et marcher tout le long de la rivière droict audict Toissey, et que au temps que ledict Ventoux arrivera audict Ponssenat vosdictes forces puissent arryver au droict dudict Toissey pour le garder de passer l'eaue. Ledict sieur de Vantoux vous envoyra ung homme et vous advertira de ce que dessus, pour donner ordre h vostre faict, par lequel vous randrez responsse et envoirez ung homme ouz deuz avecquo luy, par lesquelz il vous advertira du temps qu'il marchera, de la nuict qu'il arryvera audict Bombes, et le temps qu'il pourra arryver là où sera ledict Ponsenat, affm que vaus forces puissent arriver au mesme temps audict Toissé. Si la rivière est desbordée fault faire venir toutes voz forces par le cousté dudict Bombes; et si de fortune vous n'aviés assés forces pour combatre ledict Poncenat, fauldroyt faire monter des bateaux à mont la rivière, que vous la puissiés passer et repasser quant vous vouldrés. Après ceste entreprinse exécutée ou faillye, il ne fault point retourner à Lyon, et fault assaillir la ville, encoyres que les Suisses ne fussent arryvez et joindre voz forces avec celles dudict sieur do Vantoux, et sur tout aller prendre le faulbourg qui est du cousté de Bresse avant qu'ilz le brullont, et se tenir là attemlant rarlillerye; car c'est la perte ou le gain. Je feray aller de la cavalerye pour attrapper les

paysans qui sonl eu certains villages, où il y a un^nombre d'arquebusiers qui ont délibéré se gecter dans Mascon, et veillera ladicte cavallerye, pour garder, s'il est possible, qu'il n'y entre personne. Il ne fauU faillir à mener des bateaux pour vous ayder à passer et repasser l'eaue; principallemantsi ceulx de Vienne partent pour venir au secours dudict Mascon, fauldroyt aller au-devant d'eulx. Et fault aussi faire monter des vivres, car l'on n'en pourra mener, sinon avec Tartillerye.

Bibl. Nal. — Fonds français. — Ms. 4630, f. 2. — Minute.

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