AU DUC D'ANJOU
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Monseigneur, j'ay receuz les lettres qu'il vous a pieu m'escribre par Monsieur de Beaulvoy La Nocle, enssamble ligne commyssion que luy avez donné pour faire sa compaignie de deuz cens chevaulx legiers à Charllieu et Marcigny-les-Nonneins (ledict Marcigny au guouvernement de sce pais) (1) et leur fornir vivres en payant, cbose dont vous serez hobéy ; vous supliant néanmoins, Monseigneur, vous resouvenir de l'ordre que j'ay estably par le commandemant du Roy par toutte les villes, en chascugne un gentilhomme et un g nombre de soldatz payez sur lesdites villes, dont ledit Marcigni en est l'ugne, le tout pour éviter les surprises dédite villes
(1) Marcisny (Saône-et-Loirc), à 28 kil. de Çharolles.
tant bonnes que malvayses ; d'aultant que vous voyez sce que couste les méchante villes prise des ennemyz et comme elles espuisent les finances du Roy, dispercent ses forces et romppentses principaulx desseins, et que sy l'on met de chevaulx-ligiers ou aultres trouppes dedans, sinon quant le besoing y sera preignant, voillà l'ordre romppu et la puissansse des ennemys de jour en jour agrandie dans le ceur du royaulme. Oultre cella de les mettre en ugne ville et n'ayant moyen de paier, comme il le m'ont fait enttendre suivant votre commission, c'est pour revegnir à faire les bandes au despans du peuple jà tant désoUé principallemant en sce pais, qui apprez tant de maulx a tant soufert pour l'armée de Vézellay ; d'avantaje vous avez veu commant les bandes de chevaulx ligiers et harquebuziers à cheval sce sont montez, en ces derniers troubles, des chevaulx des povres laboureurs et de leur sustansse, combien que j'estime que ledict sieur de La Nocle estant homme d'onneur, ne le vouldroit souffrir, s'il luy estoit posible ; et semble, sauf meilleur avys, que ceulx qui font les compaignies au pais de Là où ilz sont, doibvent faire les enrroUemans avant que les soldatz partie de leur maysons,etestansachebvez]esrolles, vous en adverlir, et (pii vous plaise leur donner temps, qui doibvent ostre emploiez avecque ung randez-vous pour faire la monstre, ot marcher quant 3t quant. Aultromant faillis ostat dt» la ruigne de sce povre peuple et d'avoir bon nombre de gens de ,)ied à cheval, (iar j'c^stime ([u'il n'y a homme m b^rance ([ui [)our ceste heure creut faire deuz oenlz chevaulx ligiers telz (jui doibvent cslre sanz rompre
les compaignies de gendarmes aveque ugne despansse par trop extrême.
Je vous ay bien voulu advertir de ce que dessus, affm d'éviter la confusion et de rompre l'ordre qui est étably; aiant néammoins offert de faire bailler vivres aux dessusdicts, suivant vostre commission, ce qu'ilz n'ont voulu accepter.
Bibl. Nat. — Fonds français. Ms. IGSl, f. 1. — Minute.