‹ Correspondance des Saulx-Tavanes au XVIe siècleChapitre 166 sur 226 · AU ROI · texte numérisé non relu

AU ROI

Dijon, 18 mai 1368.

Sire, les Estatz du pays de Masconnois catholicques m'ont présenté une requeste par laquelle ilz m'ont exposé qu'un nommé Daulphin, qui estoit greffier du bailliage de jMasconnois avant ces troubles, homme sédicieux et de faction, ayant esté cause de la dernière surprinse de la ville de Mascon, pareillement que pendant lesdicts troubles que luy

(1) A 3on château de Noyers, aujourd'hui dans l'Yonne, à 20 ki!. de Tonnerre.

et ses adhérans avoient saisy ladicte ville, où il estoit cappitaine et portoit les armes, il brusla tous les tiltres, Chartres, papiers tant du clergé que aultres, et que encores depuis la publication de Tédict de paciffication , il a manifestement contrevenu à la volunté de Yostre Majesté contenue audict édict, ainsi comme plus amplement il apert par les informations sur ce faictes, ayant mené à Cluny, qui n'est point destiné pour le presche, plus de cinq cens personnes; me requérant à ce moyen, suyvant la délibération qui a esté faicte par lesdicts Estatz, et appoinctement des lieutenans dudict bailliage, les gens du Roy sur ce ouyz, ne permectre que ledict Daulphin fust remis en la charge de son grelTe, et que pour la grande craincte qu'ilz ont de retumber par le moyen de luy en la mesme ruyne où il les a par cy-devant mis, ilz offrent de luy faire remborcement de la finance qu'il en a faicte à Yostre Majesté, et oultre ce en rendre plus de proffict à Yostredicte Majesté que ne faisoit ledict Daul[)hiii. Sur laquelle requeste, j'ay respondu qu'ilz se retireroient devers Yostredicte Majesté pour les pourveoir. Hz envoient ce pourtour homme qui leur est fort agréable avec toutes les pièces pour faire entendre à Yostre Majesté leurs doléances et la supplier très luuiiblement les recepvoir en leurs offres comme justes et raisonnables, y ayant Yostredicte ^Fajeslè ju-offut, la partie sans intérestz, et pour éviter aux inconvéniens qui en adviendroient en tout ledict pays. Je vous supplie très humblemont, Sire, leur y pourveoir. Si cest homme là est continué, le pays ne sera jamais en paix.

250 COnnESPONDANCE

Sire, je prie à Nostre-Seigneur vous donner en santé très longue et heureuse vye. I

A Dijon, ce xviii* jour de may 15G8.

Vostre très humble et très hobéissant subject et

serviteur,

TAVANES

Bibl. Nal. — Fonds français. — Ms. looiG, f. G2. — Original.

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