‹ Correspondance des Saulx-Tavanes au XVIe siècleChapitre 167 sur 226 · AU BOI · texte numérisé non relu

AU BOI

Dijon , 4 juin lo68.

Sire, ces jours passez ceulx de Cliallon et Beaulne de la nouvelle relligion, et de quelzques aultres petites villes du Charollois, Masconnois, sortirent des villes, principallement les gens de cheval, je ne sçay qui les mouvoit de ce faire, et allarent prandre leurs armes qui estoient aux champs, entre aultres ceulx de Challon tuarent, après estresortiz en nombre de soixante, deux habitans dudict Challon, auprès de la ville sans occasion quelconque, et la pluspart d'eulx se retirèrent à Bussy et Givry, deux petites villes de la montaigne; je leur ay faict commander de renlrer ; ilz commancent à obéir. Je n'ay sceu descouvrir leur dessaing : mais la sortie qu'ilz feirent fut au temps de la grand malladie de la Royne. Quelzques ungs d'entre eulx favorisez du fermier de vostre maison et chasteau fort de Germolles (1), et d'ung ministre, muniz d'armes et de

(1) Germolle^, commune de Mclleccy (Saôue-el-Loire), à 12 kil. dt Clialuu.

DE GASPARD DE SAULX-TAVANES 2fil

pouldres, se srusirent de ladicte place, dont Tung de voz sommeliers nommé Druot est cappitainne , auquel je feis commandement le reprandre, à peyne d'estre chastié ; ce qu'il a faict si dextrement, qu'il n'y a eu personne d'offencé. La place est bonne, et seroit fàclieuse à reprandre avecques grande incommodité. Pour ladicte ville de Challon, qui n'en est qu'à deux petites lieues, ledict Druot dict qu'il ne peult respondre de ladicte place, tant que ledict fermier enjoira. Il oiïre de prandre ladicte ferme pour le pris du fermier; quoy faisant, seroit le garder de perte, et Votre Majesté pareillement, et semble luy debvoir estre accordée pour éviter tous inconvénientz qui en pourroient advenir. Vostredicte Majesté sera semblablemont advertye que presque toutes voz maisons et fermes, quelles qu'elles soient, sont baillées en admodiation par le trésorier Peirat, et général Robert hugucnotz, à ceulx de leur relligion, et non à aullres, cbose de grande importance, tant à cause desdictes maisons que de voz finances.

Sire, je prie Nostre Seigneur vous donner en santé très bonne et très longue vye.

De Dijon, ce iiii« juiiig 15G8.

Vostre très humble et très hobéissant subject et

serviteur,

TAVANF.S.

Rib, Nal. — Fonds français. — Ms. 15516, f. 175. — Ordinal (1).

(1) Celtfi lettre a «^l»^ imprimée dans Vl/Iuslrc Orharuia/c, ou \'Hi<toiri' aurifitup et inntfcrr.c de la villcet cite Je Chuinu-sur-Saône, par le P. Bkhtait, t. b'.

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