AU PRINCE DE COiNDE (I
Dijon, 10 juillet lo68.
Monseigneur, i'ay receu voz lectres. Quant à l'es- )ion dont m'escripvés, le Roy escript à Monsieur le )remier président de luy faire et perfaire son proies, comme aussi à ceulx qui avoient conspiré contre /ous. Incontinent que mon prévost sera venu, je .'envoiray quérir pour le luy faire amener. Sa Majesté m'escript aussi que luy avés mandé que :eulx des garnisons de par delà faisoient plusieurs îxtorcions à voz gens. Il n'y a nulle garnison que troys compaignies do gens de pied qui sont en i'Aucerroys. J'escrips à Monsieur de Prie (jui commande en ce cousté là qu'il ayt à on faire informer par l'un de mes prévostz qui se lient audict Aucerre,
(1) Sur tout ce qui concorne le st^jonr du prince de Coiul»^ h Noycra en 1508, cl ria fuilc, v. VHinloire dei pnwfs de Comttf, par M. le iluc d'Ai MAi.K, l. Il; [\l>nir(il Coii'jrij/, par M. ThssiKii; el Vlltilnire lifs guerres (Juculvin'^me et de la Uyue dans /' Yonne^ par M. Ciiai.i.e, l. !•'.
âjS COnnESPONDANCE
pour, les informacions faictes, se saisir des délinquans mesmes soiibz leurs enseignes, s'il est besoin^f, et en faire la punition si bonne que les auUres y prenent exemple. Et quant au surplus de ce qu'il vous plaict me mander, qu'il y a unj^ personnage qui practicquelesgentilbommesetaultres en l'Ostunoys pour me venir trouver et prendre conclusion, quant l'on se debvroit jecter sur ceulx de la religion, je croy qui n'y en a point de si oultrecuydez qui veullent entreprendre cela, sçocliant que le Roy veult que ses eediclz soyent entretenuz et observez; et où il y en auroyt quelc'un qui sans occasion voullût estre si présomptueux d'entreprendre contre ceulx de ladicte religion, je seroys le premier, s'il m'estoyt possible, à luy courir sus, comme je le feray tousjours paroistre, quant l'occasion se présentera, sgachant très bien de quelle façon Sa Majesté doibt estre obéye, et combien les entreprinses secrettes à rencontre de ses subjectz seroient contraires à sa grandeur, leur ayant de si longtemps esté ouvertement commandé. Bien ay-je ordonné par le commandement de Sadicte Majesté faire description de ceulx de qui elle pourroit tirer secours, si luy survenoit une nécessité, que sa gendarmerye ne fust preste ou qu'il en cust à faire ailleurs, principallemant pour la garde du pays, où par cy-devant l'on a esté contrainctde prendre les deniers de ses receptes pour employer aux gens de guerre. J'estime avec l'ayde de Dieu que tout cela tournera en fiance, et que nous aurons ce bon beur de joyr de la paix et tranquilité qu'il nous a envoyée, où vous, Monseigneur, pouvés beaucop. De ma part je y emploiray
DE GASPARD DE SAl'LX-TAVANES 2o9
tout ce peu de puissance que Dieu m'a donné, tant pour le debvoir de ma charge que intcncion de Sadicte Majesté. Monseigneur, si doresnavant il vous vient quelques plainctes, et il vous plaict, sans vous donner peine d'envoyer au Roy, les vouloir faire traicter par la justice ordinaire, vous trouvères la court de Parlemant aultant afTectionnée à la tranquilité que vous sçauriés souhaiter. De ma part je y tiendray la main tant pour y estre obhgé que pour le désir que j'ay de vous faire service, de sorte que vous en aurez contentemant (1).
Monseigneur, etc.
De Dijon, ce x" juillet 15C8.
Bibl. Nat. — Fond» frauçais. — Ms. 1vîo»7, f. 31. — Copie.