AU ROI
Villcmor (-2), 25 soplcmbro lo68.
Sire, suyvant ce que je vous avoye dernièrement escript pour les chasteau de Montréal (3) et Chasteau-Girard, qu'il y avoit ung huguenauU nommé La Platière, bâtard de la maison de feu Monsieur le maroschal de Bordillon, et lequel s'en estant aller dernièrement avec Monsieur le Prince, y est mort. J'ay faict saisir lesdicts chasteaux, où sa femme estant demeurée dedans Montréal qui est le meilleur, avant que sortir, avoit faict amplyr les puys de bled. Madame la mareschalle de Bordillon, à qui Vostre Majesté laisse jouyr desdictes terres, désiroit d'y laissé ung homme qui s'entretient des deux religions, mais pour aultant que ledict chasteau de Montréal est dos plus fortz et tient ung
(1/ Imprima' J.'-^ VUistoim d'i^ guerres^ du calvinisme et de la Ligue dans r Yonne, par Chau.e, t. I", p. 383-385. (î) Villemer /l'onne), à 11 kil. de Joifçny. (3) Montréal (Yonne), à 13 kil. d'Avallon.
grant paissaige, mesmes est à deux lieues de Noyers, il est nécessaire d'y avoir ung homme qui soit entièrement à vostre dévotion; car il ne suffit pas seullement de se garder, puisque l'on est à la guerre, ains se fault ayder des places qui sont nécessaires; et n'ayant pour ceste cause peu accorder ce que dessus à ladicte dame, je y ay commis ce gentilhomme présent porteur nommé La Vaudelée qui est vieux soldatz et homme de service. Je vous suplie très humblement luy en voulloir faire donner son expédicion. Ceste place n'est point sy mauvaise qu'elle n'endure mil ou douze cens coups de canons, et est bien besoing d'y mectre ung homme de bien. Quant à l'aultre place nommé Chasteau-Girard, qui n'est pas de telle conséquance, je y ai nommé le sieur de Violot, qui est homme d'arme de ma compagnie. Il vous plaira pareillement luy envoyer son expédition.
Sire, je prie à Nostre Seigneur vous donner bonne et longue vie.
De Villcmer, ce xxv^ septembre 15G8,
Je me doubte qu'il y en a qui courent les cappitaineries comme les bénéfices, mais je vous suplie très humblement n'y nommer que ceulx cy-dessus, car ilz sont fort homme de bien.
Vostre très humble et très hobéissant subjecl et serviteur, TA VAN ES.
Bibl. Nat. — FoiuIh iVançain. — Ms. IS.S-tS, f S3. — Oripuiai ^^.
(1) Imprinn'' (laii:^ VHistnire (fvs guerres du calvinisme et de la Ligue dans l'Yonne, par Cualle, t. I", p. 385-?ft6.