‹ Correspondance des Saulx-Tavanes au XVIe siècleChapitre 18 sur 226 · AL CONNETABLE tijuiui · texte numérisé non relu

AL CONNETABLE tijuiui

Monseigneur, j'ay receu les lettres et advertissement de Tliéroanne (ju il a pieu au roy et à vous urenvoyer, et loue Dieu de ce ([u'il est si bon françoys, et pareillement dn bonheur de Monsieur de Monmorancy. J'estoye adverly île l'assault donné

14 connEsroNDANCE

aiulict Théroanne par des prisonniers que print hyer le cappitaine Brovyllier, lesquels en parloient jà à leur désaJvantaige ; mais je mectré peyne d'en Taire m y oui x entendre la vérité à noz voysins pour tousjours favoriser les affaires du roy. J'avoye envoyé ledict cappitaine Brouvilliers du costey de la Voyvre, duquel les ennemys ne bougent depuis la redicion d'Estain. Il treuva cent ou six vingtz hommes de pied delà garnyson d'Arlon qui le vindrent assaillyr; luy en ayant seuUement quarante les mist en routte la plus grand part tuez et l'autre prins. Il est homme fort vigillent et de service.

Quanta Testât de ceste ville, je receuz le du

moys passé deux mil francz qu'ils vous pleut faire dépescher, lesquelz suyvant vostre commandement, j'ai faict employer du costey de la rivyère au meilleur mesnaige qu'il est possible. Richier m'a mandé qu'il vous a pieu en ordonner autre deux mil, mais il ne peult estre dépesché du trésorier de Tespargne. S'il vous plaist, lui en ferez une recharge; je mectrey peyne d'employer le tout au contantement du roy et au vostre.

Au demeurant, Monseigneur, les gens de pied estant icy sont en grande nécessité à faulte de payement, ayant les vivres extrêmement chers, à cause de la paouvreté du plat pays, comme aussi pour le descriement de la peste estant en ceste ville, qui est occasion d'avoir dimynué noz marchez et de la susdicte cherté. Il vous plaira y pourveoir. Le cappitaine d'Esme n'a encores sceu partyr pour aller en Picardye, n'ayant argent tant pour payer par les chemyns que pour desloger. Sitost que le payement

DE GASPARD DE SAULX-TAVANES i5

sera faict, je le feray paityr, si vous ne me mandez le contraire. Il vous plaira avoir souvenance de me faire rendre deux canons, deux longues couUevrines, deux baslardes, que j'envoyé dernyèrement à Metz, et que jà s'en faiiloyt beaucoup que ceste place ne feust garnye de l'artillerye qui luy fault. Monseigneur, ceulx de ceste ville envoyent devers le Roy comme aussi ceulx du clergé pour estre exemptz de quelque peu de courvées, à quoy ilz sont imposez pour les réparations. 11 vous plaira ne leur [faire] aucune expédition sans que premièrement je soys oy sur les demandes qu'ilz vous feront.

Monseigneur, etc.

Du XXII" jour de juing 1553.

Bibl. Nat. — Fonds français. — "SU. '»034, f. 13. — Minute.

Page 1