‹ Correspondance des Saulx-Tavanes au XVIe siècleChapitre 181 sur 226 · AU ROI · texte numérisé non relu

AU ROI

Sullv, 10 avril i:;73.

Sire, j'ay receu cejourd'hui les lettres qu'il vous a pieu m'escripre responcives à Tadvis que je vous avoie ces jours passez envoie pour La Rochelle, qui n'cstoit sinon pour en user comme vous avez peu

veoir après tous moiens faillis, et pour éviter le hazard qui se peult présenter du dehors. J'espère, avec l'aide de Dieu, que vous ne serez pas en ceste peine, et que Monsieur avec les gens de bien qu'il a leur fera bientost penser en leurs consciences, s'estant dez ceste heure (comme l'on dict) faict maistre du fossé et par conséquent, comme il est à présumer, des boulevartz et flânez qui luy peuvent nuyre. Si cela est, voilà les rampartz neutres, et louerois bien (sauf le jugement de ceulx qui le voient) qui se gaignast pied à pied, si faire se peult, sans tanter l'assault général, d'aultant que s'ilz y vont à pied montant, sans que les ennemis soient veuz par le moien de quelque cavalier ou aultre lien par courtine, ilz sont en danger d'estre repoulcez, chose qui oultre la perte des gens de bien touche à la réputation, laquelle pourroit advancer les susdicts inconvéniens du dehors. J'estime qu'ilz considéreront bien aussi les retranchementz qui peuvent estre, loscjuelz se pourroient descouvrir et peult estre battre d'artillerie, le susdict rempart gaigné. (lela ne se peult faire sans quelque longueur et perte d'honnnes, mais en telle opiniatrise le plus emporte le moins; cependant l'armée se tient tousjours courageuse plus que d'avoir esté repoulcez, ceulx du dehors en escoutent les événementz premier (^ue résouldre, et en fin les vivres des assiégez dimiiuicront, desquelz on doibt sçavoir à poinct nommé la (luantilé par le moien de J/a Noue et auUres qui sont sortis. Je parle de cocy, sauf l'avis de mondict siour et de tant de gens de bien ([ui voient à l'œil ce (ju'il se peult et doibt exécuter pour vostre service. Au

(Icmeurant, Sire, lous les Suisses sont arrivez à Saint Jehan de Losne, où mon fils leur va faire faire monstre avec Monsieur de JJelliè vre samedi prochain . Hz sont en peine pour ne sçavoir encores le chemin quilz doibvent tenir nyle gentilhomme quilesdoibt conduire. Il semble, sauf vostre meilleur advis, s'ilz s'arrestoient tous près de Sanxerre, que ce seroit le meilleur, car ilz tiendront ceste ville là fermée, où il n'y a plus guères de vivres, et si Monsieur en avoit nécessairement affaire, il en auroit incontinant m'" par la rivière, et ne les y voudrois pas envoier qu'il ne fut bien besoing, d'aultant que s'ilvenoit quelque ailaire du cousté del'AUemaigne, ilz auront incontinant traversé la Champaigne pour se rendre au lieu qu'il sera ordonné pour dresser l'armée, estant nécessaire, s'il est possible, d'arrester ceste nuée sur le bord de la France, sans la laisser entrer dedans, comme l'on a faict aux aultres fois. Sire, Ton tient en la Franche-Conté qu'il passera bientost un nombre d'Italiens que le Roy d'Espaigne faict venir en Flandres.

Sire, je prie à Dieu vous donner en santé très heureuse et très longue vie.

De Sully, près OsluiD, ce x» jour d'apvril 1573.

Vostre très humble et très obéissant subject et serviteur, TAVANES.

iJibl. Nat. — Fonda français. — Mss. Vo Colbort, vol. 7, f. 45)7. — Oiigioal.

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CORRESPODAAXE

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GUILLAUMli DI^ SAULX-TAVANES

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