AU CARDINAL DE LÛIIUAINE
12 septembre lob3.
Monseigneur, le Roy m'a mandé faire cesser les courvées qui luy avoyt pieu me commander prendre sur les villaiges du clergé pour faire besongner à la forliffication de ceste ville ; et m'a faict entendre le gentilhomme qui m'a aporté les lectres que c'estoyt vostre volonté, et que ledict sieur a ordonné XII' 1. tz. pour être employées à continuer les ouvraiges; lesquelz xii*" 1. tz. sont pieça despenduz et beaucoup davantaige que j'ay advancé du myen. Et pour ce. Monseigneur, que je feoys besongner du costé de la rivyère, où il ne seroyt possible rien faire à cause des eaues jusques au moys d'aoust par les sécheresses de l'esté qui vient, j'ay advisé de vous remonstrer qu'il seroyt bon de continuer les susdictes courvées encores ung moys, duquel les villaiges ne seront pas grandement fouliez; car je
(1) Charles «le Giii.^o , né en 1525, mort en 1574, archevêque de Reims, I.'^al du Suiul-Siége dans les Trois-Evôch»''^.
ne les ay faict venyr besongner sinon depiiys que je partyz de la court, n^estans les susdictz villaiges coctyzez que de six sepmaines en six sepmaines, et d'un villaige, où il y a quarante ou cinquante feux, ne viennent que six ou sept hommes. Monseigneur, après avoir entendu la volonté dudict sieur et de vous, je feray cesser le tout, s'il ne luy plaist autrement y pourveoir.
Monseigneur, etc.
Du xii« septembre 1553.
Bibl. Nat. — Fonds français. — Ms. 4634, f. 18. — Minut*.