INTRODUCTION VII
Charles IX, soit h Catherine de Médicis, de 1o69 à lo73. (( Ma discrétion, écrit le vicomte Jean, la proximité m'en a fait dire plutôt peu que trop. »
Dieu sait en outre quelles précautions il prit pour entourer de mystère Timpression de son ouvrage ! On a été fort embarrassé pour fixer la date de cette publication clandestine, et diverses conjectures se sont produites (1). Deux faits seulement paraissent certains : V L'édition pn'nceps fut faite secrètement à Sully, sous les yeux de Tauteur, et tirée à très peu d'exemplaires (1620); 2° Il y eut à Lyon, vers 1650, une réimpression, également secrète, par les soins du libraire Fourny (2). On joignit alors aux Mémoires ceux de Guillaume, fils aîné du maréchal, qui avaient paru dès 1625. Cet autre recueil, où l'auteur fait dans son premier livre une place d'honneur h son père, contenait en appendice quatre pièces émanant de Gaspard de Saulx ; mais deux d'entre elles avaient déjà paru dans les Mémoires de Tavanes.
Ce qui empochera toujours de bien connaître le mode de composition de ces deux ouvrages, c'est l'absence de manuscrits. Papillon se trompe évidemment, quand il croit pouvoir conjecturer que le texte original est fort différent du texte publié. Le manuscrit qu'il a vu dans la bibliothèque du président Bouhier, et qu'il n'a sans doute pas coUationné avec l'imprimé, était tout simplement une des nombreuses copies qui furent faites pendant le
(1) MoRÉ:ni croit que la première édition est de 1616,Lelont. la suppose de 1617. Papillon se borne h dire qu'il a vu trois tMilious des Mi'moires, toutes tri>is in-folio, sans lieu ni date, et se distinguant h peine les unes des autres. Brunet {Manufl du libraire)^ confomlanl tout, aflirnie que \ei Mi'moires ont éi»^ recueillis par NoutMiaize et imprim«''s pour la pr«'niiôre fois en 1G53, au château de Ln;;ny, près d'Aulun.
(2) La irihlioilu'qno nationale possède Ips deux éditions des Mémoires de Tavanes. L'édition f>riTicq>s est à la réserve.
VIII INTHODUCTIOiN
XVII* siècle, pour suppléer à la rarelé des c?;emplaires et satisfaire la curiosité des crudils (l).
Ainsi des Mémoires capricieusement composés, élaborés mystérieusement, écrits avec une inlcnliou apologétique, ornés ou accompngnés de quelques rares pièces justificalives, tels étaient au xva* sièc'e les seuls documents publiés sur les Saulx-Tavjoes. Le P. Bclaut, daas son Illustre Orbondale, imprima pou'\ant deux letires du maréchal ; Perry, dans son Histoire de Chalon-sur-Saône y cita deux autres fragmcnîs de cette correspondance, dont l'un fut reproduit peu de temps après par les Mémoires du duc de Nevers, et ce l'ut tout. Pe-sonne ne songea pendant longtemps à tirer parti du dossier considérable que possède la Bibliothèque nationale, et qui est l'appendice naturel des Mémoires. Nous allons en indiquer brièvement Tprigine et en apprécier l'importance.
Ce dossier est inégalement distribué dans trois collections : 1° l'ancien fonds de la Mare ; 2° les portefeuilles Fontette; 3" l'ancien fonds Saint-Gei^main-Harlay.
De nombreux papiers ayant appartenu à Gaspard de Saulx, les minutes de plus de cent cinquante de ses lettres, beaucoup de lettres à lui adressées par les principaux personnages de son temps, furent réunis jusqu'en 1719 dans le cabinet d'un infatigable collectionneur, Philibert de la Mare, conseiller au Parlement de Dijon. Papillon les y a vus, et il en donne une description sommaire. Après la mort de Philibert de la Mare et colle de son fils, la plus grande partie de leur collection fut vendue à un libraire.
(1) Celte copie est aujourd'hui à la Bibliotlir-que de Troyes, au ms. n° 25, où elle est rrunie à des copies de Mémoires portaut les noms de Robert de la Mank, d'Anne do Montmorency et de Lhopital. CoruTÉPtK, t. III, p. ^9, en si!?Lalc une autre dans la Bibliothùque des Minimes de Champvent. On transcrivait également les Mémoires de Guillaume. Voir ù la Bibl. Nat. les mss. 17457-17V58, 23240-23241.