A M. DE VILLEFRANCON
Camp devant Amion3, 3 scplombl'e locJS.
Mon frère, ce porteur qui m'a aporté voz lettres s'en retourne avec une lettre du rov adressante aux généraulx, par où vous verrez que les premières lettres du roy qui sont au prouffict du pays touchant l'arrière ban seront observées; et quanta ceulx du Masconnoys comme aussi des lettres d'esconnomat, Monsieur de Laubespine a esté d'advys qu'il ne se povoyt pourveoir, sinon que ^lonseigneur d'Aumalle en escripvist à Monseigneur le garde des seaulx, ce qu'il faict, le tout comme pourrez veoir par les doubles que cedict porteur vous envoyé. Touchant le général qui entreprend sur les prévostz des mareschaulx, j'en parleray à Monsieur d'Aumalle pourveoir, comme aussy d'obtenir lettres pour avoir le restant des susdictz arrière bans, diKjuel vous pourrez entendre le fous (jui y est, comme aussi si les gentil/hommes le vouldront point répéter, et le tout faire en sorte que le proffict du roy et le droyct de la noblesse y soyt gardé, faisant toutesfoys rendre compte aux comptables (jui ont mangé les denyers drpuys vingt ans en ra, et ce pardevant ({ui il apartiiMulra, vu gardant l'autorité
(I) riuillanmn de Snulx , .•<oii;iuMir tlo VilU'fraiioon , friTo nliu'' do Taviuii>s, niorl lo M iimrH 15('>3. Il tcimil la rharge do la Uculouaucc do Uourgoguo eu l'ubscuco de sou frère.
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de mondict sieur d'Auinallo. Voillù ({uaut à la charge de ceilict porteur.
Au demeurant, touchant le millitaire, vous avez veu ce que je vous en ay cscript; je vous prie d'y faire le tout pour le myeulx. Et pour vous dyre de noz nouvelles, noz ennemys sont en pareil nombre peu plus peu moings que nous à cinq lieues d'icy. Nous sommes en ce lieu d'Amyens oultre larivyère de Some en ung camp fortiffié fort grand, et n'y a nulle rivyère entre deux. Tous deux allons fort retenu, de manyère qu'il ne se faict une seulle exécution. Monsieur le connestable et Monsieur le mareschal de Saint André sont arrivez à Arras avec Madame de Lorrayne, où ilz s'efforcent de faire quelque accord, et ce suyvant certains articles qu'emporta dernyèrement ledit sieur mareschal de Saint André. Lesquelz articles ne contiennent sinon ce que Monseigneur le cardinal de Lorrayne proposa à Monsieur d' Arras dernyèrement, chose qui me fait doubter de la paix par ce moyen là. Je ne sçay si Messeigneurs le cardinal de Lorrayne et de Guyse ont en réserve quelques autres moyens. Ad ce que j'ay peu entendre, quoy que l'on face d'une part et d'aultre, le Roy n'est pas prest à rendre Callaiz ny moings le Pyémont. Quant aux autres pays et villes, colla se pourra faire tant pour tant. Je croy qu'ilz ne sçavent encores bien tretous où ilz en tomberont, et de ma part, pour n'en scavoir autre chose, vous n'aurez que cella de moy, sinon que je me porte bien selon le travail auquel j'ay bien bonne envye de mectre une fin, [)0ur en estre fort desgouté et las ; qui est l'endroyt où je me recommande
DE GASPAHD DE SAII.X-TAVANES 41
de bien bon cueur à vous, priant Dieu, mon frère, vous donner bonne et longue vie.
Du camp près d'Amyens, ce iii« septembre 1558.
Yostre bon frère pour jametz, TAVANES.
Je vous envoyé ung brouillart de nostre camp, ainsi que je Tay faict à cheval, et ne le vous ay sceu envoyer, pour ceste heure, aultrement, car je n'ay le loysir.
Bibl. Nat. — Fonds fiançais. — Ma. 4638, f. 18. — Original.