‹ Correspondance des Saulx-Tavanes au XVIe siècleChapitre 51 sur 226 · A LA REINE-Ml'RE · texte numérisé non relu

A LA REINE-Ml'RE

Dijon, 18 janvier 1561.

Madame, j'ay rcceu voz lettres par le sieur de La Richardyo j)our le recouvrement di^s sieurs de Maligny, lesciuelz ne sont en ce pays de Bourgogne

(1) Los dont fr^roa de Mnlicnv, qui Rvaiont pris pnrt h la tentative des i)ro livrants sur Lyon en 1560, e'élaienl relirt's en Bourgogne dans leur cliAtoan tlo Malii^ny (canton de Ligny, A 20 kil. d'Aiixerre). Catherine do Mèdicis, iuëlruite de ce fuit, écrivit ù Tuvanea, ainsi que

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ainsy qu'il vous a pieu me mander, et à ce que m'a faict entendre ledit sieur de La Richardye, Tesné est en sa mîiison qui peult estre à trente lieues d'ici à^ côsté de Troye environ dix ou douze lieues, et qu'il est acconipaigné de deux cappitaines de gens de pied et environ dix soldats guascons et ses gens, le tout revenant à trente ou quarante personnes; et a faict quelque munition de vivres et de pouldres, et a de petites pièces d'artillerye et se tient fort sur ses gardes faisant bon guet la nuict. Il a pareillement faict recongnoistre sa maison qui ne peult estre emportée d'escallade, ni forcée sans artillerye. Par quoy, Madame, il m'a semblé que l'entreprise que je pourroys faire, tirant le quart des compaignies de gendarmes qui sont en ce pays en guarnison, se trouveroit inutille sans avoir l'artillerie preste, qui ne peult estre menée d'icy qu'avec ung grand temps. Aussi seroitbien nécessaire avoir quelques gens de pied. Tout cela ne se peult faire sans grande despence et estre descouvertz, et par conséquent faire saulver pour jamais ceulx qui commencent à' se rasseurer, attendu qu'ilz reviennent en leur maison. Madame, je n'ai rien vouUu remuer sans vous advertir de ce que dessus, de peur que le roy ne fust servy en ce selon son intention.

Si est ce que afin que rien ne demeurre de ce qui se pourroyt exécuter, j'ay ordonné audit sieur

Charirs IX, les G et 17 janvier 1501 (Ms. 4635, f. 10 et 83 ; — Port. Foulelle, ixiii .\. f. S); tous deux lui envoyèrent un penlillionime nommi^ La Hiclianlye, ilinmé de concerter avec lui rcnlèvemeut des deux gcDtilàhoiiimes rebelles.

(le La Richardye aller passer par là en s'en retournant et aussy audict de Tenance lequel s'est offert de vous y faire service pour regarder commant ilz se gouvernent, et si de fortune ilz auroyent point négligé sa garde pour se treuver trop asseurez, afin de voir s'il y aura moyen de les surprendre; de quoy ilz m'advertiront en se despechantz, et je despecheray pour l'exécution, avec delibéracion touttesfoys de ne rien entreprendre s'il n'est fort facille, de peur de le faillyr ou estre descouvert sylz ne treuvent les choses à propos. Ledit sieur de La Richardye se retourne devers vous pour vous faire entendre le tout et vous dire les moyens qui sont en ce pays pour telles exécutions. Madame, il vous plaira me commander vostre volunté en cela et en toutes aultres choses ; ma vye ny tout ce que j'ay en ce monde n'y sera jamais espargné (1).

Madame je prie Dieu vous donner en santé trèsbonne et longue vie.

De Dijon, ce ivme de janvier 15G0 (1561}.

Ledit Maligny a beaucoup d'amis ses voisins et n'y peult aller pour y temporiser sans estre fort.

Le chevalier de Tenance est icy (jui a une commanderye aune lyeue de là, qui m'a faict entendre

(l) Ces iudU, depuis Si est ce que afin que rien ne demeure, placée fila snile de In lollre, reniplnceiil la phrase suivante, barrée dan-j le corps de la hillre :

Il voua plaira nie connnan«ler sa volunté et la vostre, et je y obriray le plus dillif^ennnanl i\\\\\ me sera possible sans y espargner ma vyo ni tout ce i.\\\i sera en ma puissance. Ledicl sieur ilo l.a Uyrhardyo vous pourra faire entendre les moyens qui sont en ce pajs et vous dira lo 8ur|dus.

le semblal)lc et m'a monstre un homme qui estoit audict ^laligny depuis huict jours; en çà lequel m'a dict tout aultaut. Par quoy, Madame (1), etc.

Bibl. Nul. — Fonds français. Ma. 463j, f. il. — Minute.

Imprimé dans lo3 pièces juslificalivos do Jean de Ferrièrcs, par L. do Baslard.

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