AU ROI
Dijon, !••• février lo61.
Sire, je fuz adverty ces jours passez qu'il se faisoit quelque assemblée de nuict en une maison de Beaulne pour ouyr uni; prédicant : je y envoyay soudain, et se treuva que l'évesque y avoit envoyé ses officiers qui avoient ja informé, mais avec telle discrétion que le prédicant eut bon loisir de se saulver, et ne m'en ont jamais adverty. J'en ay faict informer par voz officiers et baillé les informacions
à la court de Parlement, qui a soudain député deux conseilliers pour y aller, comme aussi à Chàlon, dont j'avoys pareillement eu quelque plainte, mesmes des placartz qu'ilz ont esté gectez et des paroUes scandaleuses dittes en jouant des farces. Ceulx des dictes villes s'en sont venuz excuser, disans qu'ilz n'en ont rien entendu. Je les ay remis à se justiffier devant la dicte court qui vous advertira de son besoigne. Il m'a semblé vous en devoir faire ce mot, affin que Ton ne vous face les choses plus grandes qu'elles ne sont, et pour vous asseurer si je puis scavoir qu'ilz s'assemblent pour faire telz sermons ou pour chose qui vous importe, je départiray avec vostrc auctorité l'assemblée si rudement que les aultres y prendront exemple. Voila tout le sermon que je scay. Il plaira à Vostre Majesté me mander si ceste oppinion est selon son intencion, afin que je ne faille en l'exécutant (1).
Au demeurant. Sire, je suis après dez le temps du roy Henry et depuis par plusieurs foys à remonstrer les ruynes des chasteaux, places fortes et maisons de Vostre Majesté en ce pays, qui sont telles que pour ung escuz, il en coustera vhigt par cy après ({u'il n'y remédiera. Il avoit esté faict (|uelque ordonnance pour ce que dessus au trésorier du Porat qui naguères a esté revocciué. Il plaira à Vostre dicte Majesté en commander sa volunté. Aussi pour la fortinicacion que j'ay faict commancer tant
(1) Charles IX lui ri'pondil, le 15 fiivrior, en le remerciant de la conduite qu'il avait tenue, de concert avec le l'arlouient, dans l'alTairo de rAsdemblée de Deauue. (Ms. 4632, f. \i )
OU ccsle ville que ù Clluilou, où il y a uug beau et grauL couimaucement, lequel dépérit tous les jours, se n'y est remédié. Je n'ay voulu faillir vous en advertir pour ma descharge. Il y a pareillement des mortes payes qui sont à la garde des places qui de longtemps meurent de faim. Vostre dicte Majesté scait quelz inconvéniens en peuvent advenir et qu'il n'est raisonnable se fyer en gens désespérez, combien que les cappitaines et eulx soyent tousjours esté en extime de gens de bien.
Sire, etc.
De Dijon, ce premier febvrier 1500 (1361).
1 iL)l. Nat. — Fontls françus. — M>. 163;:, f. 3. — Minute.