‹ Correspondance des Saulx-Tavanes au XVIe siècleChapitre 56 sur 226 · A LA REINE-MERE · texte numérisé non relu

A LA REINE-MERE

Dijon, 1er février l'IGl.

Madame, vous voirez sce que j'escribs au Roy pour quelque petitte chose advegnue touchant la religion à Beaulne et Challon : il vous plaira m'en faire commander sa vollonté pour l'advegnir, sy telles choses venoient à recommancer, affln que je ne faille à exécuter son intenssion. Je luy escrips d'issy pour les réparassions, fortificassions et mortepaies, à quoy, s'yl vous plaist, serez oquasion de remédier. Au debmeurant. Madame, il advoit pieu à feu roy me donner X.*'- livres pour estre récompancez de tant de voyages que j'avoie supportté coup suz coup ; et m'a l'on tousjours remys à treuvé

quelque chose pour cella. Mays il ne m'est possible d'en rien trouver. Je vous suplie très humblement, Madame, sy ce n'est la comrnoditez du Roy à ceste heure, estre oquasion que je soye assigné pour en estre paie quelque temps. Il m'est pareillement deu quelques anneez de mon estât et penssion du temps du roy Henry et du roy Françoys : vous savez, Madame, que estant honorez et chargé d'ugne telle charge que celle de sce peys, je ne puis estre sinon ruyné, si cella contignue guères : mesmes despuys que je y suis, que les alïaires ont tousjours estez et n'y a jametz eu ung ceul denier pour les choses inopignées et extraordinaires. Il vous plaira y advoir esguait. Quoi(iu'il en soit, je n'espargneray jametz ma vie ny tout mon bien pour le servisse du roy et le vostre (1).

Madame, je prie à Dieu, etc.

De Dijon, ce premier febvrier 1560 (15C1).

bibl. Nat. — Fomls français. — Ms. •4''>3d, f. '»'>. — Miuiilo.

(1) Cathermc lui répondit le 15 février ( Ms. 4C32, f. 88) : Vous recevrez, disait-elle, en n)ôme temps que la présente les instructions du roi; mais faites en sorti; ipie les choses se passent sans l)ruit ni tuniulle. pKur ce (jiii vous est dû, la nccessilé nous force de vous demander de prendre patience; j'en ai piand d»''plaiï.ir, mais j'espère que le temps me donnera autant de mojens d« vous contenter que j'en ai de volonté.

Page 1