‹ Correspondance des Saulx-Tavanes au XVIe siècleChapitre 65 sur 226 · AU BAILLI DE DIJON · texte numérisé non relu

AU BAILLI DE DIJON

Norgcs (1), 53 juin 1561.

Monsieur le baillif, je vous advoie mendé, panssant parllé à vous à Dijon ; mais je me suys ung

(1) Norges-la-Ville (Côted'Or), à 10 kil. de Dijon.

petit treuvé mal, oquasion que je vous envoie sce gentilhomme présant portteur , pour vous faire entendre le fait. C'est pour aultant que aulcungs soubssonnez pour la religion sce sont vantez que le maire esleu sammedy dernier n'y debmeurera point, et qui leur costera plustost M. escuz, dézirant en advoir ungà leur dévossion, et délibèrent, quant recebvrez son sermant, intergeter ung appel pour, souz quelque paliassion, troubler tant la dilte religion que le servisse du roy, et ugnion de ces subjetz, en duisant la ville à la ruyne entièremant du repos publiq. Et pour sce que j'ay tousjourz treuvé ledit maire esleu, quant il en a eu la charge, mesmes au temps que Paulviller (1) passa, et en tous aultres lieus ouz je l'ay amploié pour le servisse du roy, prompt et dilligent, comme aussi fort vigillent à doucemant concerver les privillèges de la ville, souz Tobéissansse de Sa ^lajesté, il m'a samblé vous advertir que ne sauriez myeulx faire pour son servisse et pareillemant pour le bien de la ditte ville, le recebvoir à faire le sermant, atandu sce (jue dessuz, et (pTil est justement esleu, suivant leur privilège, sans préjudisse toutefoys des appelassions, ausquelles la court de Parllemant saura très bien pourvoir. Vous voullant au debmourant bien advertir, et sce pour le faire entendre, que, ou/ il y aurait a présent oquasion, ce ([ue je ne pansse

(1) Nicoltij», baron dn Polwfillrr, qui, on 1557, chercha .\ rcconqu»^rir, pour le comble du duc de Snvuie, la Bresse occupée par Ica Kran(;ai:<. Soa troupes dévualcreut la l'rauche-Couilé cl mcn^cèreul la Uouri^oguc.

pas, (jui faillust subsLituer quelque aultre maire, j'ontens, ataiidu les grandes divisions qui sce présentent, y pourvoir pour le servisse de Sa dite Majesté, surtez de la ville et repos d'ung chascung, sellon que je trouverez estre resonnable, sachant très bien que, sans l'ugnion etobéissansse, mesmes en peiz de frontière, tout ne peult aller que mal. Sce dit gentilhomme vous dira le surplus, lequel vous croirez de ma part. Qui est l'endroit ouz je voys prier Dieu, monsieur le baillif, vous donner bonne et longue vie.

De Norges, ce xxiii» de juing 1561.

Bibl. Nat. — Fonds franvais. — Ms. 463i, f. 1Î7. — Minute.

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