‹ Correspondance des Saulx-Tavanes au XVIe siècleChapitre 66 sur 226 · A iMM. DU PARLEMENT DE DIJON · texte numérisé non relu

A iMM. DU PARLEMENT DE DIJON

Norges, 23 juin lo61.

Messieurs, j'ay à ceste heure receu voz lettres, par où me mandez qu'il y a une appellation au faict de l'élection du maire par un g nommé Jehan Abraham, et que doublez qu'il s'en ensuive quelque bruict ; et ne me mandez toutesfois qu'il y aye encoires aulcungs remuement ou émosion pour ce faict, et qu'avez ordonné aux eschevins et aussy au baillif donner ordre pour contenir le peuple, qui est ce que peult faire pour prontement prévenir. Je leur mande seinblablement y donner ordre. Vous savez que l'on ne peult contenir les subjectz de Sa Majesté que par eulx mesmes et par les réglemens accoustumez, comme je leur ai faict

entendre, et qu'ilz facent en sorte que je n'aye la peine d'y mener les forces de ma charge pour les départir et faire chastier, lesquelles je amployeray quant et quant tousjours, ainsi que je vous mandy par mes dernière lectre, pour faire obéir le Pioy en exécusion de voz arrest. Vous priant au demeurant, Messieurs, me faire ce bien me donner advis pour remédier au tumulte advenir, affm de pouvoir éviter tant les inconvénians que la despence que l'on seroit contrainct de faire en y menant les forces de Sa Majesté, qui ne désire régir son peuple sinon avec toute doulceur, comme il a accoustumé.

Messieurs, je prie Dieu vous donner en santé très bonne et longue vie.

De Norgcs, ce ixiii» de junjj; 1561.

J'ay entendu par vostre huissier présent porteur que Tappellant dont est question est ung quidam estrangier, de Chartre, qui c'est marié à une chamberière cheu du Perat. Il me samble, sauf toutesfois vostre advis, que c'est ung masque que Ton doibt lever et que debvez entendre à quelle fui cela prétend, comme aussy le nom de ses adérans; car je crains que cela tende plus loing qu(^ à vouUoir contredire le maire, leipiel j'ai trouvé tousjours bon serviteur du Uoy et du piMq)le. Je vous en parle en homme qui n'entend guière bien l'ordre (pii s'y doibt tenir en telles a[)[)ellacions, sachant bien que vous y ferez, ainsi qu'avez acoustumé, pour le mieulx.

Dibl. Nai. — Fondi français — Ma. 4634, f. 1 18. — Minute.

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