‹ Correspondance des Saulx-Tavanes au XVIe siècleChapitre 87 sur 226 · AU MARÉCHAL DE SAINT-ANDRE · texte numérisé non relu

AU MARÉCHAL DE SAINT-ANDRE

Dijon, i't octobre lo62.

Monsieur, je vous dépeschay hier ung homme pour vous faire entendre que les Suysscs ont aujourd'huy faict leur monstre à Rouvre (1) pour venir coucher en ceste ville, et que je me déliberoys les faire partir demain pour s'en aller attendre de voz nouvelles à Chastillon. Mais pour austant que j'ay entendu depuys mon arryvée que les AUemaiis que conduict Monsieur d'Andeiot sont achcmynez jusques à

(l) Rouvres (Côle-d'Or), à 13 kil. S. E. de Dijou.

Chaulmont et à Chasteauvillain (1), et tient l'on qu'ilz prennent le chemin devers ledict Chastillon, occasion que je vous ay dépesché ce porteur pour entendre de voz nouvelles, premier que faire partir lesdicts Suysses d'icy aux environ, de peur qu'ilz se missent en hazard ; car de les faire passer à cinq ny à cinq (sic) lieues des ennemys, vous sçavez qu'ilz pourroyent estre desfaictz, mesmes que je n'ay ung seul homme de cheval pour les accompaigner. Par quoy il vous plaira remédier pour leur seurté et mander le chemin que vous vouliez qu'ilz tiennent pour vous aller trouver, et envoyer gens et telle force qu'aviserez pour les conduyre.

Monsieur de Nemors m'a fort bien retenu ma compagnye et m'a mandé qu'il a quelque entreprinse à faire, occasion que je suys tout seul. De ma part je partiray incontinant après avoir donné ung peu d'ordre à ces villes qui sont en merveilleuse craincte pour le peu de force qui y est. Je vous supplie très humblement me mander là où vous serez; car tant que vous serez près de ce gouvernement, je ne bougeray d'auprès de vous pour vous faire service : mais si vous vous en esloignez, je seray contrainct vous haban donner, pour le soupson et le hazard que je voys aux susdictcs villes. Je vous avois desjà escript, que ce (jui a retardé les Suysses de venir, ce sont esté les pluyes, et une enseigne du canton d'Apz(d (jui n'est encoires venue. Hz font grande diriiculté de marcher sans cavallerye et

(\) ChàtcQU-Villain (Haulc-Marno;. à il kil. S. 0. ilo Clmiimoiil.

dyent qii'ilz ne vcullent approcher Tcnnemy de dix lieues. Qui est l'endroit de mes très humbles recommandations àvostre bonne grâce; et prie Dieu, Monsieur, vous tenir en sancté et longue vye.

Yostre hobéissant serviteur,

TAVANES

A Dijon, ce xxiiie octobre 15G2.

Bibl. Nat. — Fonds français. — Ms. -4634, f. 78. — Original.

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