AU MARÉCHAL DE SAINT-ANDRE
23 octobre 1362.
Monsieur, le Roy m'a mandé d'assembler toutes les forces qui sont par deçcà pour vous aller trouver avec les Suisses. Lesdicts Suisses sont arryvez beaucop plus tard qu'ilz no pansoyent; encoires hier n'estoyt arryvée renseigne d'Absel (Appenzell).
DE GASPARD DE SAULX-TAVANES ilo
3ui les a retardez sont les pluyes. Quant aux aultres orces, je n'en ay point, d'aultant que je n ay que na compaignie qui est fort harassée, que Monsieur ie Nemours tient encoires engagée à Villefranche, ittendant la siene qui n'est arryvée. J'ay aussi une )ande d'arquebusiers à cheval, que monsieur le carlinal (de Lorraine) enmena hier, et croy qui la conluyra tant avant qu'il pourra. Par ainsi ne se fault ittendre d'aultres forces de ce pays. J'avoys jà envoyé levers Monsieur de Nevers pour sçavoir la part que ;e devroyent rendre les Suisses; lequel m'a mandé es faire achemyner droictà Chastillon, occasion que 'ay dépesché soudain les commissaires pour aller aire leur monstre et les faire tousjours achemyner. ^e m'en iray incontinent après pour vous tenir com- Daignie tant (jue vous serés près de ce gouvernenent, que je ne puis ny ne doiz guière abandonner le loing pour les inconvéniens qui se présentent; îar tel se lievc et prent les armes à ceste heure, (jui l'y avoyt encoires pensé. Mesmesj'ay heu adverlislement de Lyon d'une entreprinse ([u'avoient faict :eulx dudict Lyon sur ceste ville par le moyen d'un nommé Bataille, qui estsorty depuis deux moys de ma compaignie; et y estoient nieslez les eschevins [jui s'en sont fuyz de cestedicte ville, lesquelz furent prins, il y a environ troys jours par quatre de lu :ompaignie de Monsieur de (îuise, qui les ont laissez aller pour de l'argent. Je les ay faict prendre prisonniers et relâcher à caution. Hz ont promis de reprendre lesdictz eschevins. Ledict Bataille est passé deçà la rivière fort accompaignez. Je tiens (jue la priuse desdicts eschevins luy rompit son entreprinse,
WQ CORRESPONDANCE
et suis bien en peine de descouvrir ses complices qui sont dans la ville, et seray contrainct par soupson d'enmectre dehors viii^t-ciiKi ou trente des hahitans, comme aussi les femmes de ceulx qui sont fu^ilifz, et pareillement quinze ou vingt soldatz. Monsieur, il vous plaira envoyer au devant desdicts Suisses des gens de cheval pour les accompaigner, si voyés qu'il soyt de besoing, ou bien leur mander ce qu'ilz auront à faire, et le chemin pour vous aller trouver. Monsieur de Nevers avoit jà mandé qu'il envoiroytung gentilhomme au devant d'eulxjusques audict Chaslillon. Il vous plaira aussi me mander là où je vous pourray trouver. Qui est Tendroyt où je voys prier Dieu, Monsieur, etc.
Ce XXIII* octobre 15C2.
Bibl. Nat. — Fonds fiançais. — Ms. 463i, f. 7C. — Minule.