AU DUC DE NEVERS
Dijon, 25 octobre 1j62.
Monseigneur, les habitans d'Auxerre m'ont envoyé homme exprès pour, s'il estoit possible, leur envoyer quelques gens de guerre pour la seurté et garde de ladicte ville, estant l'ennemy prochain et alentour d'icelle, ce que je ne puys faire n'ayant force ne hommes par deçà ne moyen d'en pouvoir
i-20 CORRESPONDANCE
faire lever. Ce qui est par deçà ne sont que six enseignes de gens de pied, que j'ay laissé aux villes nouvellement reconquises, prochaines de Lyon, cent harquebuziers à cheval que Monsieur le cardinal de Lorraine ammena de Chàlon pour son escorte et seurté, dont je n'ay eu nouvelles il y a plus de troys sepmaines, et croy qui Temmenerajusques àChambéry, et ma compaignie que ^lonsieur de Nemors ne me veult laisser venir. A ceste cause, il vous plaira ayder et favoriser ceulx dudict Auxerre de tel nombre de gens de guerre que vous adviserez pour la garde d'icelle, et pour empescher que l'ennemy ne s'en puisse emparer, sçachant bien que vous congnoissez de quelle importance est ladicte ville d' Auxerre à cause de la rivière. Et semble, sauf l'avis de Monsieur le mareschal et le vostre, que ce lieu là seroit propre pour assembler vostre armée; car pour leur empescher la commodité des rivières, il est nécessaire faire la susdicte assemblée aux villes qui y commandent, mesmes où il y a des ponlz, affui de ne combattre si on ne veult.
Monseigneur, j'ay receu voz lectres que je ne fasse aller les Suisses rctenuz à cause que les ennemys se sont si tost avancez, ce que j'ay faict et ay dépesché devers Monsieur le mareschal pour sçavoir le chemin qui doibvent tenir. Si de fortune les ennemys, ad ce que j'entendz, s'achemynent du costé d'Orléans, je les feray marcher droict à Bar-sur- Soine, attendant nouvelles de vous et dudict sieur mareschal, devers lequel j'ay envoyé.
De Dijon, ce xxv* octobre 1562.
Bibl. N»l. — Fonds français. — Ms. 4634, f. 74. — Minute.
DE GASPAIID DE SAULX-TAVANES i2l