‹ Correspondance des Saulx-Tavanes au XVIe siècleChapitre 90 sur 226 · A LA REINE-MERE · texte numérisé non relu

A LA REINE-MERE

Dijon, 37 octobre lo62.

Madame, je n'ay voullu faillir vous advertir de la descente de huict ensegnes de Suysses en ce pays de Bourgongne, dont j'ay faict faire la monstre en ce lieu de Dijon, le xxiiii^ jour du présent mois. Je ne sçay comme il avoit esté pourveu sur leur payement, mais le trésorier s'est trouvé court de trois mil deux cens livres. A ce que j'entendz, la faulte est advenue que parce qu'il ne fut ordonné que pour le payement de sept enseignes, et que despuis la compaignye du canton d'Aptzel s'est jointe avec ledict nombre. Faisant les payementz l'on n'a peu mieulx faire pour contenter les capitaines et leur donner asseurance à chacun de quatre cens livres que de laisser en leur puissance deux clercz qui avoient apporté les deniers de leurdict payement, oultre ce que le commis du trésorier Brochet leur a faict à chacun son propre debt de ladicte somme de un' 1. t. A quoy. Madame, il vous plaira pourveoir, d'aullant que ladicte com[)ngiiie du canton d'Apzel a esté roceue pour gratiffu^r K's aultres cantons, comme je croy que Monsieur de Mandosse vous aura bien advertye. Les pluyos et les maulvais chemins les ont fort retardez, connue aussi rtMisoigne d'Apsel qui n'arryva que sabmedy dernier. Les faisant marcher j)nnr all(M' trouvcM'les forces de Monsieur le niaresclial de Sainct-Audré, les ennemys se sont tant ad-

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vancez que dimanche ilz cstoyent jà à Ricey (1), occasion que je les ay faict retarder, affin de ne les mectre en danger, d'aultant que je n'ay nulles forces, ainsi que je vous ay jà escript, pour les accompaigner (2). J'ay scependant envoyé vers mondict sieur le mareschal pour sçavoir le chemin qu'il fauldra qu'ilz aillent.

Madame, je prye Dieu vous donner très heureuse et longue vie.

De Dijon, ce xxvii» octobre 15C2.

Bibl. Nat. — Fonds français. — Ms. 4635, f. o9. — Minulo.

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