‹ Correspondance des terroristes de 93: précédée de quelques mots sur la situation actuelleChapitre 11 sur 14 · COMMISSION POPULAIRE ÉTABLIE A ORANGE · texte numérisé non relu

COMMISSION POPULAIRE ÉTABLIE A ORANGE

Égalité, Fraternité, Liberté, ow La mort.

Orange, le 9 messidor an IT.

Je t'envoie, ci-joint, quelques exemplaires des premiers jugements de la commission ; ayant été toi-même acteur antifédéraliste dans le Midi, tu ne pourras voir qu'avec plaisir tomber les têtes contre-révolutionnaires. Neuf conspirateurs orangeais ont déjà subi la peine due à leur crime: le peuple a applaudi avec transport à leur chûte. Tu connais la position d'Orange, la quillotine est placée devant la Montagne. On dirait que toules les têtes lui rendent, en tombant, l'hommage qu’elle mérite: Allégorie précieuse pour de vrais amis de la liberté.

Les deux Chieze, prêtres, sont au nombre des conspira teurs punis ; cela va, et ça ira. Adieu mon ami :

Depuis primidi, plus de soixante scélérats ont courbé la téle. Signé BENeT.

Post-scriptum d’une lettre de Parrein, en date du 22 Germinal de l'an I :

a. À Wie

« Je t'envoie, mon ami, deux Jugements qui te prouveronë « combien notre tribunal est l'ami de la Montagne et l'ennemi « des rois, puisque l'un punit de mort un homme qui avait « osé calomnier la Montagne, et l'autre punit également de | «mort un gendarme qui avait dit que dans peu on crierait : « Vive le roi. »

Valréas, 14 floréal an IL.

Juge, notaire de Valréas, à Pavan, agent national. te) A ? q

J'ai été assigné, à la requête de l’accusateur public, comme témoin dans l'affaire de Sabatery, pour le 20 floréal ; j'aurai donc le plaisir de vous exprimer toute ma sensibilité à l'amitié que vous avez pour moi. Cest le Jour que je viens de te désigner, que Sabatery sera mis en jugement, de sorte qu'il est essentiel que tous les jurés soient bien instruits sur lecompte de cet homme, pour qu'il n'échappe pas à la vengeance nationale, et j'espère que tu feras tout ce qui sera nécessaire. Je * serai bien aise d’avoir une copie de l'acte d'accusation.

Il nous fallait, dans ce département (Vaucluse), tout comme dans celui des Bouches-du-Rhône, un patriote tel que Maigvet, pour le faire aller au pas. Il travaille jour et nuit pour l'améliorer ; et il emportera, en le quittant, le regret de tous: ceux qui le connaissent. Suivant les apparences, il tombera plus de trois mille tétes dans ce département. Les prisons regorgent de fédéralistes et de suspects, et tu sens qu'il est: temps de purifier un des plus beaux pays de la République, trop longtemps souillé par la présence d'une horde de scélérats qui conspiraient contre elle.

Signé Juce.

Ne nous arrêtons pas à la fin de cette lettre, pleine de sottises féroces dont nous avons déjà tant d'échantillons ; : mais remarquons avec quel. soin le signataire prend ses:

mesures pour que le prisonnier Sabatery n'échappe pas à la guillotine.

Lettre de Dounand à Payan.

Lorsqu'on prononça sur l'arrestation de la femme Laroche, on discuta s2 son mari serait de la partie : le conseil général et le comité, qui traitèrent pour lors concurremment de cette affaire, décidèrent à l’unanimité que Laroche ne devait point être arrêté, vu qu'il avait donné des preuves de bon citoyen. Malgré cett2 décision favorable en faveur de cet individu, qui est consignée sur les registres de la commune, si tu as par devers tot quelques motifs qui dictent son arrestation, dénonce-le au comité, el tu verras qu'il prendra bientôt rang parmi ceux qui figurent à la citadelle.

Signé Douxano.

Lettre de Benet à Payan l'aîné.

Marseille, quintidi Frimaire, an IT.

Encore un triomphe de la liberté sur l'esclavage, de la raison sur le fanatisme. Un ci-devant prêtre, curé de salon, passe sous mes fenêtres, en robe rouge, escorté par la gendarmerie..…. devine où va le cortège ?..…. Demain on en annonce sept ou huit, et après demain reléche au théâtre.

Signé BENET.

Quel aimable plaisant que ce Benet.

Dans les lettres de Moureau se trouvent les deux passages su'vants, relatifs à l’un des exploits les plus abo-.

minables des terroristes en Provence; il s’agit du bourg de Bedouin, qui fut totalement détruit par la feu, et en outre largement décimé par la guillotine.

Bédouin n’est plus ; je crois te l'avoir marqué. T'ai-je dit qu'on y avait trouvé des cocardes blanches, les chaperons des consuls, la délibération qui révoquait son vœu d'être réuni à la France.

J'ai vu hier, de quatre lieues, les flammes révolutionnaires qui dévoraient l’infâme Bédouin ; il y a eu soixante-trois quillotinés, le reste des habitants a été partagé entre quatre communes environnantes, où ils seront traités comme les ci-devant qu’on a forcés de sortir de Paris.

Ici au moins, la besogne fut complète; rien ne resta du malheureux bourg; lincendie prit les maisons, la

guillotine prit les hommes, et le reste fut pris par l'exil.

Bordeaux, la Rochelle, le Hâvre, furent dotés d’un terroriste doucereux, Jullien fils, que nous connaissons déjà par ses lettres sur Carrier. Dans un rapport à Robespierre, nous remarquons les deux demandes suivantes qui se touchent :

Autoriser les indemnités qui sont indispensables pour soutenir le théâtre de Bordeaux.

Faire raser les maisons où étaient Guadet, Pétion, Buzot et Barbaroux : transférer la commission militaire à Saint-Emilion, pour y juger et faire périr sur les lieux les auteurs ou complices du récèlement des conspirateurs.

Il y a de lui des lettres fort curieuses dans le recueil de Courtois. Carrier, Lebas, Collot-d’Herbois étaient des

ET rer eh mme meta nine m

tigres de purerace; dans Jullien, on trouve du chat croisé” avec de la hyène ; on prend froid à l’écouter, car on sent que, quand il se fait mielleux, c'est qu'il guette une proie et qu’il prend toutes ses précautions pour ne pas la manquer. Jullien était un tout jeune homme, nourri des lecons de Robespierre, et qui pouvait passer pour un des plus brillants élèves de cet illustre maître. Au reste, comme on ne trouverait rien dans sa correspondance de plus remarquable que ce que nous connaissons déjà, je crois inutile d'y prendre d’autres extraits.

Je suis à la fin de ce travail si effroyablement instructif. Je n’ai pas hésité à ramasser et à étaler devant les honnêtes gens leslambeaux fétides du charnier révolutionnaire. Je termine par un mot dont ce livre n’est que le développement et la preuve.

La populace, livrée a elle-même, tombe dans l'anar-— chie, la folie et la fureur; or, la république rouge serait ja règne de la populace. Si, par nos divisions, nous la laissons triompher, la France sera de nouveau noyée dans Finfamie et dans le sang. 1852 approche. Voyons ce que nous avons à faire.

AVANT- PROPOS: 2: Sun

Lettres et Pétitions adressées à Robespierre.

Commission populaire. — Quelques exemples des cas entrai-

nant la déportation. .

Mandat révolutionnaire tiré sur une veuve de Thionville.

Robespierre jeune à son frère.

La citoyenne Robespierre à son frère.

Notes écrites de la main de Robespierre.

Autres lettres à Robespierre.

Lettre de Couthon à Saint-Just .

Lettre de Gatteau. . . .

Les Terroristes dans la Vendée et dans l'Ouest.

Les Terroristes dans les départements du Nord.

Massacre et destruction de Lyon.

Carrier ANanies, 0 10:

Les Terroristes en Provence.

.: Q .E ma e< æ] < ee)

Lai [ea — ee Lac] = = [ea re [ef en F1

Lai un Pet e) ra] [es] à

ro mm AE

Re ga sue à

T4 er DE 95 PRÉCÉDÉE DE QUELQUES MOTS

Page 1