‹ Correspondance diplomatique de m. de BismarckChapitre 10 sur 25 · Rapport sur la crise du Zollverein · texte numérisé non relu

Rapport sur la crise du Zollverein

15 juillet 1852. — (Envoi d'un exemplaire du journal officiel de Nassau, du ] 5 juillet, dont l'article de fond traite la «question douanière » .) « Votre Excellence verra par cet article à quelles fâcheuses interprétations a donné lieu l'article publié par la Gazette de Spener sur l'attitude du gouvernement royal dans la question douanière. L'article en question a été reproduit par presque tous les journaux de l'Allemagne du Sud, et n'a pas peu contribué à propager l'espérance que nous céderons. De mon côté, j'ai déjà fait le nécessaire pour éclairer le public de l'Allemagne du Sud sur le véritable état des choses ; cependant il serait peut-être fort à souhaiter que cet article fût démenti par une feuille dont les attaches avec le gouvernement soient hors de doute. A cet égard, je ne puis que laisser ce soin à Votre Excellence. Me trouvant hier à Wiesbaden, où j'ai été présenter mes hommages au roi des Belges Léopold, j'ai pu me renseigner, par les connaissances que j'ai dans la ville, sur les sentiments de la population de Nassau et de Hesse- Darmstadt, et surtout des industriels et des commerçants. Tout le monde s'accorde à considérer la sortie de l'Allemagne du Sud du Zollverein comme le plus grand malheur qui puisse frapper la prospérité et le commerce. En même temps on persiste dans la conviction que les gouvernements de l'Allemagne du Sud n'en viendront pas à cette extrémité quand ils seront persuadés de l'inébranlable fermeté du gouvernement royal. «

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26. Lettre particulière sur la question du Holstein, la législation' sur la presse et un entretien avec le roi des Belges,

Il juillet 1852. — ce Les instructions de la Bavière se référant à notre proposition dans la question du Holstein sont enfin arrivées. Elles adhèrent au point principal ; mais elles expriment un regret et proposent de supprimer les mots soulignés qui se trouvent dans le passage où il est dit qu'on s'attend à voir le Danemark agir dans l'avenir avec toute la douceur et toute la justice qui se révèlent dans la déclaration du 28 janvier l. Le comte de Thun craint avec moi que cet amendement n'obtienne la majorité; aussi avonsnous sondé M. de Biïlow, afin de voir s'il était d'accord avec nous pour supprimer les mots dont il s'agit. Il s'y est refusé catégoriquement, disant qu'il croyait que le Danemark avait droit au maintien de la rédaction actuelle ; qu'il y tenait, au risque de voir la majorité des petits Etats introduire la modification proposée par la Bavière ; que ce changement serait plus désagréable pour la Prusse et pour l'Autriche que pour le Danemark. En somme, les dispositions des délégués sont contraires à la proposition, et leur irritation contre le Danemark s'est accrue. La plupart ont des instructions dans le sens de l'adhésion pure et simple, mais presque tous sont personnellement mécontents de les avoir reçues. Si vous désirez que, sur le changement proposé, je m'entende avec le comte de Thun, qui a repris les débats et de son côté demande des instructions au cabinet de Vienne, veuillez m'envoyer les vôtres par la voie télégraphique. L'ennui pour les deux grandes puissances d'être mises en minorité subsistera malgré notre déférence pour les désirs de la Bavière ; mais au fond je suis d'accord avec la proposition bavaroise, et je crois qu'en présence de la récente attitude prise par le gouvernement danois, ces mots : « Avec toute

1 Le ministre de Manteuffcl répondit qu'il lui paraissait opportun de présenter sans changement aucun la déclaration faite par la Prusse et par l'Autriche dans l'affaire du Holstein. (Télégramme du 19 juillet 1852.)

DE M. DE BISMARCK. — 1852. Cl

la justice, etc. », serviront de texte à mainte déclamation contre nous.

Dans les résolutions à prendre à l'égard de la presse , je suis encore en train de négocier un accommodement avec le comte de Thun. Comme limite des concessions, je me suis fixé les dispositions de la législation prussienne et le principe que nous ne voulons pas nous soumettre à une législation établie par la Confédération.

Sa Majesté le roi de Wurtemberg était hier à Soden ; Elle est revenue aujourd'hui. M. de Reinhard m'a dit que Sa Majesté ne recevait pas de visites. A Wiesbaden, la remise de la lettre du Roi m'a valu l'occasion d'être présenté au roi Léopold. Sa Majesté s'est entretenue assez longuement avec moi ; Elle m'a fait entendre qu'Elle regardait la Belgique comme l'avant-garde de la Prusse ; Elle m'a dit aussi que nous devions nous attendre à tout du côté de la France, même aux choses les plus invraisemblables, les vraisemblables arrivant rarement; que le prince président n'avait pas une force suffisante de jugement politique pour qu'on puisse admettre qu'il fera toujours ce qui lui serait utile; son passé ne lui a pas appris à voir toujours juste en matière politique , et son entourage ne supplée pas à ce défaut, soit par incapacité, soit parce que le prince est trop peu communicatif. Le ministre de Pfordten est ici et m'a annoncé sa visite pour demain. »

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