L. S. (signé) Frédéric-Guillaume
(signé) Manteuffel ' . 55
1 . Rapport 2 sur la création d'un corps fédéral destiné à protéger l'assemblée fédérale,
1er septembre 1851. — « J'ai reçu hier le décret du 27 août dernier 3, relatif à la création d'un corps fédéral destiné à protéger l'assemblée fédérale. Déjà la veille, le comte de Thun * avait discuté
•M. de Bismarck fut présente à l'assemblée fédérale le 27 août et nommé membre de toutes les commissions dont le général de Rochow avait fait partie:
1° Commission chargée d'étudier les propositions du Hanovre et de la Prusse relativement à la flotte allemande.
2° Commission chargée d'examiner les travaux de la première, de la seconde commission et de la première et de la seconde commission réunies des conférences de Dresde (commission politique).
3° Commission chargée d'examiner les travaux de la troisième commission de Dresde (commission des affaires commerciales).
4° Commission chargée de l'étude des questions militaires.
5° Commission chargée de la révision définitive du règlement.
2 Toutes les pièces qui sont reproduites avec le simple intitulé rapport, de même que les lettres et les dépêches télégraphiques, sans indication spéciale du nom de leur destinataire et de l'endroit d'où elles ont été expédiées, sont adressées de Francfort au ministre président du Conseil, le baron de Manteuffel. Les rapports portant le titre ^immédiats sont adressées au Roi.
3 Le ministre de Manteuffel y chargeait M. de Bismarck de présenter à la Diète la proposition de la création d'un corps fédéral destiné à protéger l'assemblée fédérale, et d'y joindre une autre proposition tendant à ce qu'il plût à la Diète de demander au gouvernement prussien de nommer provisoirement au commandement de ce corps un général ayant le rang voulu.
/j Thun-Hohenstein (comte de), conseiller intime réel et chambellan, délégué de l'Autriche et président de la Diète, nommé plus tard ambassadeur à Berlin.
cette question avec moi, et m'avait en même temps communiqué le projetde dislocation annexé sous forme de copie au présent rapport, projet qui a été élaboré, je le suppose, par le général de Schmerling ' . Non-seulement ce projet ne concorde pas avec nos propositions, mais encore il part d'un tout autre point de vue que celui que Votre Excellence, par lerescrit du 11 juin dernier, et M. le ministre de la guerre, dans sa lettre du 16 du même mois, ont indiqué à mon prédécesseur comme devant lui servir de règle de conduite. D'après ces documents, le gouvernement de Sa Majesté le Roi désire qu'on ne concentre pas immédiatement le corps en question, mais qu'outre la garnison de Francfort on n'y fasse entrer que des détachements de troupes occupant des points rapprochés, ce qui permettrait en tout temps de les concentrer en peu d'heures dans le voisinage de la ville. Cette proposition n'a pas été acceptée à Vienne...
En réponse aux raisons que j'ai mises en avant, le comte de Thun a surtout fait valoir cet argument : que la Bavière et les Etats secondaires, qui se trouveraient dans la nécessité de faire des dislocations bien plus considérables et de s'imposer des sacrifices relativement beaucoup plus grands, seraient peut-être moins disposés à accepter cette proposition, si la Prusse ne commençait pas par leur donner le bon exemple.
Mon prédécesseur, dans son rapport du 18 juin dernier, a déjà pris la liberté d'appeler l'attention sur les considérations qui pourraient s'opposer à lacréation d'un corps destiné à protéger l'assemblée fédérale. Je crois devoir partager ses craintes, et, comme lui, je redoute que le prestige de l'assemblée fédérale ne soit compromis par une sollicitude exagérée pour la sécurité personnelle de ses membres, en même temps qu'en prenant des mesures aussi générales, on attribuerait au parti subversif une importance qu'il est peutêtre peu sage de lui reconnaître publiquement.
D'après l'opinion de militaires compétents, la garnison actuelle de Francfort suffit pour maintenir l'ordre dans la ville, et pour la défendre quelque temps contre toute attaque, qu'elle vienne du dehors ou de l'intérieur. Dans ce dernier cas, qu'un examen attentif
1 Membre autrichien de la commission militaire.
de la situation permettra toujours de prévoir, il sera facile de faire venir dans le plus bref délai des renforts de Mayence, Darmstadt, Coblentz, etc.
Quoi qu'il en soit, si le gouvernement royal attache plus d'importance à la réunion du corps en question, je ne puis m'empêcher de faire remarquer que, même dans ce cas, il n'y a peut-être pas d'objection à faire contre le projet de dislocation ci-annexé !. Cette dislocation se complique, pour tous les Etats intéressés, de difficultés sérieuses; elle est notamment onéreuse pour la Bavière qui devra disloquer les troupes qui se trouvent à Aschaffenbourg, et pour la Hesse électorale, dont les troupes se trouvent dans les environs de Berg. Il faut donc s'attendre à rencontrer chez ces Etats une résistance très-vive, dont on ne triomphera que lorsque la Prusse se sera déclarée prête à faire les sacrifices voulus.
La chose est-elle assez importante pour justifier de pareils sacrifices? J'en laisse juge Votre Excellence, et je la prie, en même temps, de vouloir bien me donner ses instructions le plus tôt possible, afin que je puisse aller de l'avant l. »