INTRODUCTION
Mirabeau, parlant de ses notes à la Cour, écrivait à son ami La Marck le 18 juillet 1790 : « Ou je serai moissonné bientôt, ou je laisserai dans vos mains de nobles éléments d'apologie. " Le jour même où il avait reçu Fancien abbé de Périgord à son lit de mort, il répétait à son ami : ce J'ai chez moi beaucoup de paniers... C'est là qu'est l'honneur de ma mémoire ; promettez-moi qu'un jour ces papiers seront connus, et que votre amitié saura venger ma mémoire en les livrant à la publicité ^ î? C'est M. de Bacourt, ancien ministre de France en Sardaigne, qui reçut de La Marck la mission de publier ces précieux documents.
C'est aussi à M. de Bacourt que furent remis, en 1838, les papiers de Talleyrand, avec la mission de les publier trente ans après sa mort, c'est-à-dire en 1868 ^. Les dépositaires des Mémoires de Talleyrand ont retardé bien au
' Voir : Correspondance de Mirabeau, t. I, p. 256.
2 Talleyrand écrivait, le 17 mai 1838 : a Des mémoires achevés depuis longtemps, mais qui, selon ma volonté, ne devront paraître que trente ans après ma mort, expliqueront à la postérité ma conduite pendant la tourmente révolutionnaire. •