‹ Correspondance diplomatique de talleyrand (volume 2)Chapitre 54 sur 74 · LA RÉPUBLIQUE CISALPINE · texte numérisé non relu

LA RÉPUBLIQUE CISALPINE

La Cisalpine ne sent point assez le besoin de la paix. Elle se plaint que ses limites ne sont point aussi avantageuses qu'elle désirerait. Elle convoite Lucques et Saint-Marin, elle veut engloutir le duché de Parme, elle entre en discussion avec l'Autriche sur la navigation et la pêche de l'Adige, elle jette les hauts cris contre quelques manques d'égards de la part de cette puissance, et en même temps qu'elle invoque l'appui de la République pour son agrandissement aux dépens des faibles et pour sa conciliation avec le plus puissant de ses voisins, elle se montre jalouse de l'influence qu'elle est tentée de nous reprocher d'exercer sur elle. Elle crie, elle s'agite comme.une puissance forte, parce que nous sommes à côté d'elle, et elle se plaint de nous y voir^ Que deviendraient son existence et sa liberté si

* « Talleyrand me parla du traité d'alliance défensive et non pas offensive avec la République cisalpine ; c'est lui qui l'a rédigé en secret; il pensait que toutes les puissances d'Italie en seraient satisfaites. — J'y ai bridé les Cisalpins, observait-il, avec des chaînes de fer, et ils ne pourront pas concevoir une idée ambitieuse sans la

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la France retirait un moment sa protection et ses troupes? Nous l'avons créée et nous veillons sur elle. Toute notre puissance répond de sa liberté, mais nous ne soutiendrons que ce que nous avons fait et reconnu. Nos engagements sont renfermés dans le traité d'alliance qui vient d'être conclu ; et qu'on ne nous demande pas plus que nous n'avons promis. Notre intérêt présent nous fait une loi de ne pas accorder davantage.

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