LE PIÉMONT
Depuis plusieurs siècles, la Maison de Savoie avait fondé les bases de sa prospérité sur les querelles de la France et de l'Autriche, changeant avec soin de parti et s'attachant toujours à celui dont elle prévoyait la supériorité. Mais cette fois, sa politique a été en défaut. Elle a mal jugé des résultats de la guerre, et, de tous les princes qui ont combattu la République, le Roi de Sardaigne est celui qui a le plus chèrement acheté la paix. Les cessions de tout genre auxquelles il a été forcé ne peuvent manquer de lui être sensibles , et encore son existence actuelle se trouve-t-elle compromise par les mouvements intérieurs qui se manifestent dans ses Etats et par la guerre que les Liguriens viennent de commencer contre lui. S'il échappe à ce double danger, ce sera par l'appui de la République. Cet appui lui sera donnée Quelle que soit la destinée future et peut-
' Après avoir rejeté le traité proposé par Talleyrand, le Directoire autorise le ministre des relations extérieures à échanger les actes de ratification d'un traité d'alliance offensive et défensive conclu avec le
être prochaine de cette petite monarchie, si inconienablement située entre quatre républiques, la volonté du Directoire, comme son intérêt, dans le moment actuel, est que sa conservation soit un monument de son amour pour la paix, de son respect à ses engagements et de celui qu'il aime à conserver pour l'indépendance de tous les Etats. Ce sentiment, qui est calculé, ne nuit pas non plus à la tranquillité de Florence et de Naples. Les mesures à la fois sages et vigoureuses que le Directoire avait prises viennent d'obtenir leur entier effet. La paix est rétablie entre la Ligurie et le Piémont.