‹ Correspondance du cardinal Mazarin avec le maréchal d'AumontChapitre 17 sur 70 · Rli du duc d l.lhcuf, gourer- Matwrini gmsrii :■ P mot · texte numérisé non relu

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Je vous rends grâces du soing que vous avez pris d'escrire à vos amis en Normandie. Je voudrois bien pouvoir faire donner des recrues aux régimens en faveur desquels vous m'escrivez. Connaissant assez que ce seroit l'advantage du service du Roy et souhaittant avec passion de servir ceux qui les commandent qui sont de mes meilleurs amys. Mais il n'y a pas un sol aux coffres de Sa Majesté, et à moins quil se trouve quelque expédient pour y suppléer d'ailleurs, il m'est impossible de satisfaire à ce que ces Messieurs désirent et que, par toutes sortes de raisons, je dois désirer encore plus qu'eux.

Au surplus nous avons advis que les Espagnolz, en exécution du traicté que M. le Prince a faict avec eux, doivent envoyer trois mil hommes au comte de Tavannes ' pour les joindre aux troupes qu'il commande et entrer promptement en France. Je scay bien que vous n'estes pas en estât de faire grand-chose avec les seules troupes que vous avez, mais on croit aussy que, vous entendant bien avec M. le mareschal de La Ferté Seneterre et vous entre assistans selon les occurences, vous pouvez l'un ou l'autre ou tous deux ensemble vous poster en tel lieu d'où vous viendriez a bout d'empescher la jonction de ce corps avec celuy de M. le duc d'Orléans, ce qui seroit un service de la dernière importance; vous verrez ce que M. Le Tellier vous en escrit 2.

On nous mande aussy que leur desseing est d'attaquer Dunkerque3 dans le mois prochain et qu'ils doivent faire venir par canaux leur artillerie et tout ce qui est nécessaire pour cet effet. C'est pourquoy je vous prie de songer de bonne heure à tout ce que vous jugerez pouvoir faire pour les traverser dans cette entreprise, et favoriser la vigoureuse deffense que fera M. d'Estrade4. Vous jugez bien quel advantage ce nous seroit, si ayant

1 Cf. Lettres du Cardinal Majarin, t. V, 3 Voir cette lettre à la fin du volume,

p. 37.— Dans ses Mémoires (édit. Moreau, ' Dès la fin de décembre i65i, d'Es-

Paris, i858, p. m), Tavannes parle de trades avait signalé la situation périlleuse

sa jonction avec les Espagnols « qui lui de cette place à Mazarin. [Lettres du Car-

« avoient donné quatre mille hommes, dinal Mazarin, t. IV, p. 576). « tant d'infanterie que de cavalerie ». * Cf. Ibid. t. V, p. 95.

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