I l I v i S DE MAZARIN
d'ailleurs tant d'affaires sur les bras, il nous pouroit réussir de les faire eschouer en celle-là. Aussy je suis asseure que vous n'oublierez rien ny aux occasions dont je vous parle cy dessus ny en aucune autre pour sipnaler de plus en plus rostre zèle au service du Roy et sur ce je demeure. Monsieur, vostre ires ail" et très véritable serviteur,
Le Cardinal Mazarim.
Loudun, le 5« febvrier i652.
Apres avoir escrit1 ce que dessus, comme le service du Roj et votre satisfaction me touchent au dernier point, j'ay redoublé mes effort! afin d'avoir quelque petit tonds pour donner moyen a ces Messieurs dont vous m'escrivez et desquels je lais une estime particulière de remonter leurs cavaliers et de les assister de quelque chose. M. le Surintendant qui est allé à Tours me la faid espérer, je l'en presscrav incessamment.
Quand a vos compagnies d'augmentation, je vous en t expédier les commissions : je BOUhaiterois bien pouvoir VOUS envoyer en mesme temps quelque assistance pour les mettre promptement sur pied, mais il faudroil tascher a trouver quelque expédient sur les lieux par le moyen duquel l'on puisse supléef .m défautdes finances qui n'ont jamais esté en plus misérable estât, néanmoins je ne laisseray pas de faire tout ce qui nie sera possible pour obliger M. le Surintendant a vous donner quelques tonds afin que VOtre régiment puisse estre au plustOSt en bon estât.
.le nous conjure de ne perdre pas un moment de temps a prendre les resolutions que VOUS jugerez les meilleures pour, de concert avec M. le mareschal de Lai ' VOUS Oposer à l'entrée troupes ennemies qui se doivent joindre à celles de S. A. K Vou ' mieux que personne qu'on ne SCauroit rendre un
service plus important a l'Estat dans la conjoncture présente que d'empescher celte jonction ; l'advîs que nous avons de >.e
• Post-*criptum autographe.
desseing des ennemis est infaillible, c'est pourquoy il n'y a pas un moment à perdre.
Je vous prie d'asseurer madame la Mareschale de mon très humble service et de croire que je ne perdray jamais le souvenir des marques obligeantes que vous m'avez données de vostre amitié au fort de mes malheurs, ainsy que je tesmoigne souvent à M. vostre fils.
Adresse :
A Monsieur, Monsieur le Mareschal d'Aumont, général de l'armée du Roy, en Flandre.
Archives de Monaco, fonds d'Aumont. — Publiée avec son post-scriptum par M. G. Saige, d'après l'original, dans l'ouvrage déjà cité (t. II. pp. 36o-3G2. Chéruel (t. V, pp. 34-35) n'avait donné que les deux derniers paragraphes de la lettre d'après le Recueil des affaires étrangères (t. 269, fol. 28).
Monsieur,
Je n'ay pas moins de confusion que de ressentiment de tant de marques obligeantes que vous me donnez en toutes rencontres de votre amitié. Aussy vous puis-je asseurer que j'auray une joye extrême quand je pourray vous donner des nouvelles précises de la mienne. Vous scauez les engagements que l'on a avec M. de Mondejeux ' depuis longtemps pour le gouvernement d'Arras qu'il avoit permission de récompenser et aussitost que le bruit a couru icy de la mort de M. de La Tour2 la Reyne s'est souvenue de luy et ainsi, quand le cas seroit arrivé, je me serois
1 Jean de Schulemberg, comte de Mon- ' La Tour, le gouverneur d'Arras,
dejeu, auquel Mazarin voulait faire obte- mourait dans cette ville douze jours plus
nir le gouvernement d'Arras (Lettres du tard. {Gaj., i65i, n° 3o, p. 25o). Cardinal Mazarin, t. IV, p. 53g).
aumont. 7.
5o LETTRES DE MAZARIN
trouve dans l'impuissance Je vous y servir comme j'aurais faict de tout mon cœur sans cet obstacle, .le croy que. M. de La Tour se portant mieux, M. d'Elbeuf aura jugea propos de s'en revenir pour ne l'allarmer pas. Pour ce qui est du régiment de N et des autres qui ont quitte et de vous fortifier de nouvelles troupes, je me remets a ce que M. I.e Tcllier vous commandera et |c suis persuadé autant que vous que, plus les corps qui soub/ VOStre nom seront bons, plus le service du Roy en a\c\ ra d'advantage, puisque vous estes incapable d'y jamais manquer. Je parlera)' fortement à Messieurs des finances pour bien asseurer le fonds du pain de munition, en sorte que les munitionnaircs n'aient aucun prétexte de manquera la fourniture. Mais je nous advoue que la nécessité est si grande qu'on ne sait ou donner de la tète, .le vous remercie de ce que vous me mande/ de M. de Puysegur, je le feray remercier de la manière dont il a servi. Je vous conjure de donner à M. d'Estrades toutes les assistances qui dépendent de vous pour Dunkerque et. me remettant du .surplus a la depesche de M. I.e 1 ellier et a la vive voix de cet officier, je demeure, Monsieur, vostre aff"1 et très véritable serviteur,