LUI
Monsieur,
Vous aurez pu voir par mes précédentes a quel point j'estimois important Je renforcer promptement l'armée du Roy le plus qu'il seroit possible. Les progrès que les ennemis font en ces quartiers et la facilité qu'ils trouvent a y asseurer leurs quartiers nous pressant Je plus en plus d'unir le* forces de Sa Majesté pour les opposer à leurs troupes. Je ne puis que je ne VOUS conjure de nouveau de faire partir pour cet effet, sans délay. celles qui sont auprès de vous. Il ny peut avoir rien a craindre pour quartiers tandis que toutes [es armées des ennemis sont de deçà. Comme j'ay escrit plus au 1m g .1 M. Je Bar et fort entretenu M. le capitaine de VOS gardes vous trouverez bon que je me reinette a luv du surplus et que je resenie a la première veùe de vous dire plus particulièrement a quel point je suis. Monsieur. VOStK 11 s atrn' et très véritable serviteur.
Le ( irdinal Mazarini.
Sedan, le 4 novembre il
J'ay tesmoigué1 à M. le duc Delbeuf mon desplaisir de ce que -on corps n'avoit encore jouint l'armée que comandent M. de Turaine et Je I.a l'erte. pendant que les cnemis ayant uny tOUttes leurs 1. ivagent cette province1 prennent des plases éta-
blissent des quartiers sans aucune résistensé je masscure que lorsque le Gentilhomme que M. le duc Delbeuf ma despeché luv aura rendu ma lettre il prendera la résolution de sC> jouindre auxditS messieurs ou dy envoyer le- truppes et peul estre qu'il l'aura fait auperavant ne Joutant pas que <>n nave donné Jes orJres réitères Je la Court sur ce sujet estant de la dern
' Autographe. 1 Champagne.
importansé dé ny perdre pas un moment dé temps et si en leut fait il y a x iours comme en pouveit et la raison le consilloit, les enemis neussent pas seulement songe a sengazer dans cette province si on ié hasté se crois que on peut estre encor a temps dé leur faire perdre l'esperansé de venir a bout dé leurs desseins. Je vous coniure dy contribuer de vostré cousté tout ce qui dependéra dé vous et si outré lé service du Roy qui demandé beaucoup dé chaleur et dé diligensé en ce rencontré dé ses plus zèles et fidels serviteurs la considération de mon interest particulier est capable de vous portés a faire quelque effort je vous asséuré que rien au mondé ne me peut obliger davantage et que je conserveray toute ma vie lé souvenir de la peiné que vous prenderez dé mé donner des marques de vostre amitié. J'ay résolu de despecher ce gentilhomme avec des lettres pour M. le maréchal d'Oquincourt et pour les gouverneurs de la frontière de Piccardié qui sont de mes amis et qui ont des garnisons fortes et des compagnies de cavallerie afin qu'ils trouvent bon de contribuer ce qu'ils pourront pour former un bon corps et le plus fort qui se pourra qui né sera pas oblige a demeurer longtemps en ce pais icy, et comme il se pourroit faire que M. di Nauaillés ou M. le comte Broglio ou tous deux prissent la résolution de me venir trouver pour mamener ce que en tirera des plases, je vous prie dé leur donner vos ordres vos régiments dé cavallerie, et tout ce que vous pourres en cas que vous né les ayes envoyé à M. Delbeuf ou résolu de venir vous mesme1. Enfin je masseuré que vous nobliéres rien dé ce qui pourra dépendre dé vous pour servir le Roy et mobliger en mon particulier dans cesté conjonturé. La diligensé est extrêmement nécessaire et je demeuré tousiours lé plus véritable et asseuré de vos serviteurs,
Le Cardinal Mazarini.
Archives de Monaco, fonds d'Aumont. — Copie au ministère des affaires étran gères (France, t. 269, fol. 363 v°), reproduite par Chéruel (t. V, pp. 442-444).
1 Ces six mots ont été ajoutés après coup par le Cardinal.
Monsieur, '
Comme j'avois adresse l'exécution Je la plus grande partie des
choses a M. de Nouaillé qui arrive, j'ay résolu de despescher
en diligensé le sieur Lionne0 pour haster l'exécution de ce que
je vous av fait connoistre que je souhaitois par le sieur BrassyJ
quoy que je ne douté pas que l'absensé de M. dé Nouaillé n'aura
pas empêché que tous mes amis et vous particulièrement et M. le
mareschal Doquincourt nayes pris quelque resolutions de m'as-
H^ter lé mieux qui leur aura esté possible puisque il s.igit du
service du Roy et de mon interest particulier, et vous priant de
donner entière [confiance] audit sieur Lionne qui vous dira tOUttes
mes résolutions et les nouvelles de ces quartiers. Je demeuré de
tout mon cœur, Monsieur, vostre très an** et très véritable
serviteur.
Le Cardinal Mazarim.
A Sedan, n novembre i
Adresse :
A Monsieur,
■leur le Mareschal Daumont, chevalier des Ordres du R-
Deux cachets cire rouge rompus.
Archives de Monaco, fonds d'Aumont. — Copie dans les archives du ministère des affaires étrangère» i France, t. :ô;, fol. 404 r»), analysée dans les Lettres du Cjrdmjl Mjjjrm t V, p. G -
' Autographe. de cavalerie, dont il est plusieurs fois
1 Hugues de Lionne, l'un des confi- question dans la correspondance de Mi-
dents et amis les plus intimes de Maza- zarin (Cf. Lettres du Cardinal .\fjjjrm
rm. Il avait alors 41 ans. t IV. p. 4^ t V|||, pp. r,9, 732, - ' Le sieur de Brassy, mestre de camp
Monsieur,
Quoyque je vous aye escrit par lettre de Saint-André1 que je vous ay renvoyé, je ne puis m'empescher de vous faire encore ces lignes pour vous remercier de tout mon cœur pour la compagnie de vos gardes que vous m'avez envoyée et du soing que vous avès eu la bonté de prendre d'escrire à M. le mareschal d'Hoquincourt et à M. le comte Broglio pour leur demander de mes nouvelles. Je vous en donneray le plus souvent qu'il me sera possible et me remettant à ce que vous mandera ledit sieur comte Broglio sur ce que vous me proposés, je demeure tousiours passionément, Monsieur, vostre très affné et très véritable serviteur,
Le Cardinal Mazarini.
De Méry sur Seine, le 8e janvier 1 65 3 .
Je suis2 en grande peine des trouppes que j'ay fait lever en Alemagne n'en ayant aucune nouvelle si l'infanterie s'est embarquée pour venir à Dunkerque ou Calais. Je vous conjure d'en avoir soing, ainsy que je vous ay déjà escrit, car outré que vous rendrez un bon service au Roy je vous en seray en particulier très obligé. Je me remet de tout au comté Broglio.
M. le Mareschal d'Aumont.
Archives de Monaco, fonds d'Aumont.
' Cette lettre manque. ' Autographe.