XXXV
nsieur,
n'a) jamais doute que vostre présence dan-- Mardik et vos soins ne fissent bien tost changer la face des affaires. Le bon ordre que vous avez donne a tout et les diligences que j'a) laites afin que vous ne manquassiez de rien et que vous eussiez des troupes capables de faire leur devoir en cas de luit
les effets que je m'estois propose/ et que je souliaittois avec passion, car les Anglois se sonl eschauffez, les travaux de la place se sont advancez dans les endroit/ qui estoient les plus faibles, et les ennemi-- se sont retirez en quartier d'hyver. Il est vray pourtant qu'il- logenl le- troupes en sorte qu'il est aise de \«>ir que leur intention est de vouloir tenter cette entreprise pendant rhyver, c'est-à-dire a la fin de lévrier, d'autant plus qu'ils ont pour cela
toutes les provisions nécessaires aux environs de Mardik. Mais j'espère que nous prendrons noz mesures en sorte que peul-estre ils se trompent dans leur calcul.
Vousavez eu assez de peine pour mériter que le R< - en
remercie et qu'il m'ordonne devons mander de vous en retour-
ner à vostre Gouvernement ainsy que vous verrez parce que vous escrit M. Le Tellier. Je vous prie pourtant d'avoir plus que jamais l'œil à cette place, donnant à M. Dormesson tous les ordres que vous jugerez nécessaires pour cela, et d'y envoyer mesme les quatre charrettes que vous lui avez demandées si vous persistez tousiours à croire qu'elles soient nécessaires.
Je suis persuadé que rien ne contribue tant à la maladie des Anglois qui sont logez dans le haut-fort que leur paresse et le peu de propreté. C'est pourquoy je vous prie de dire à M. Morgan1 de les obliger à travailler ce qu'ils doivent souhaiter eux-mesmes, puisque par ce moyen ils peuvent trouver à gaigner de l'argent et vivre mieux à leur aise. Mais surtout je vous conjure d'ordonner que le haut-fort soit nettoyé avec grand soin, quel que despense qu'il faille faire pour cela, et de vouloir commettre quelqu'un qui se charge de le faire au plus tost et vous verrez par expérience que de cette sorte la maladie cessera et les Anglois augmenteront leur affection pour nous, voyant que nous n'oublions rien pour les bien traiter et pour donner ordre à leur santé2.
Pour les villages dont vous m'escriviez, il est juste que vous ayez satisfaction, sur quoy je me remets à M. Le Tellier qui vous en escrira plus en détail.
Cependant croyez moi tousiours parfaitement, Monsieur, vostre très aff né et très véritable serviteur,
Le Cardinal Mazarini.
A Vincennes, le 7 janvier 1 658.
En partant3 de Mardik je vous conjure de charger quelque officier principal pour ce qui resgarde le nettoyement du haut fort et d'avertir qu'il en retire les Angloiz de la partie du fort qu'on voudra nettoyer, pour les y faire retourner quand tout
1 Général-major des troupes anglaises. 3 Ce post-scriptum est de la main de
3 La copie de M. le vicomte d'Avenel Mazarin. s'arrête ici. {Lettres, t. VIII, p. 249).
io2 LETTRES DE HAZARIN
sera blanchi et pourfoumé et lors on pourra mètre l'autre partie du fort dans le mesme estât. Le chevalier de Clerville ferait tort bien exécuter cela sv vous luv en donnés l'ordr 1 -que je suis sur le point de taire cachctter cette lettre, M. de Yillequier m'a rendu la vostre du 3 du présent. Je me remet a ce qui vous écrira, quoyque je n'aye eu encore le temps de l'entretenir comme je feray demain. Pour vostre voyage à l'.iris. je me remet à M. Le Tel lier et il me semble que la chose se pourra taire en la manière qu'il vous mandera.
Ad ri
A M icur.
Monsieur le Mareschal d'Aumont, gouverneur du Bouloni M idik.
Double scel rouj;e aux arnv .lir.
Archi\> lanù? d'Aumon;.