‹ Correspondance du cardinal Mazarin avec le maréchal d'AumontChapitre 34 sur 70 · I XXXVI · texte numérisé non relu

I XXXVI

\\< 'iisieur,

ches m'ont été rendues qui m'ont confirmé

une vérité que j'avois apprise d'ailleurs avec joye qui est que

;re présence ei I tout à Fait changé la race des

ebo i Mardik et que la place e-i en si bon estât, au prix de ce

qu'elle estoil avant que VOUS fussiez arrivé, qu'elle n'est :

M. 1 rellier VOUS a déjà mandé que le Roy trouvoit bon que vous puissiez venir faire un tour ycyei ■ quand

il n moins que ce %o> oit absolument

nécessaire, je VOUS prie de le différer jusqu'à un autre temps et en tout vous pressent de venir, il faut s'il vous

pl.ust que ce soit j is en retourner aussitOSt avec la mesme

dili ;ue nous serez venu. Car BSSeurément les ennemis ont

tOUSÎOI in d'attaquer Mardik et prendront leur temps pour

le plus tost qu'il leur sera possible.

AU MARECHAL D'AUMONT io3

Vous avez fort bien répondu à M. le Protecteur, il sera bon que vous preniez la peine d'escrire à M. de Bordeaux, l'ambassadeur, afin qu'il fasse instance de la part du Roy à M. le Protecteur de laisser encore à Mardik les cinq compagnies de Guibons1, et qu'au moins, s'il les veut retirer, il en envoyé d'autres en leur place. Vous lui pourrez mander que j'en ay parlé en cette conformité à M. l'ambassadeur Lokart. J'ay veu ce que vous me marquez du nombre de cavalerie et d'infanterie qu'il faudrait pour Mardik, je songe aux moyens d'y pourveoir.

Comme le Roy a un ambassadeur à Londres je ne crois pas qu'il soit nécessaire d'envoyer le sieur de Bellefons2 duquel vous m'escrivez et quand au sieur Prévost, lieutenant dans Piedmont que vous proposez pour estre major de Mardik, s'il est des officiers réformez je pourray parler pour luy et non autrement, parce que le Roy a résolu que les reformez seroient pourveur de charges et employs preferablement a tous autres.

Je ne doute pas que la perte que j'ay faite de mon neveu 3 ne vous ayt touché sensiblement et j'ay assez de preuves de vostre amitié pour le croire ainsy, je vous prie aussy de croire que celle que j'ay pour vous me fera tousiours prendre part plus que qui que ce soit aux choses qui vous toucheront, estant passionement, Monsieur, vostre très affn,i et très véritable serviteur,

Le Cardinal Mazarini.

A Paris, le 21 janvier i658.

A M. le Mareschal d'Aumont, gouverneur du Boulonnois.

Double scel cire rouge; lac rouge.

Archives de Monaco, fonds d'Aumont. - Minute {Mil. Colbert, t. 5i», fol. 523). — Cf. Lettres du Cardinal Ma^arin, t. VIII, p. 273, et affaires étrangères, Pays-Bas, t. 43, fol. 167.

1 On trouvera plus loin d'autres détails venu plus tard le maréchal de Bellefonds. sur cette troupe. 3 Alphonse Mancini, mort à l'âge de

2 Bernardin Gigault de Bellefonds, de- 14 ans.

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