‹ Correspondance du cardinal Mazarin avec le maréchal d'AumontChapitre 35 sur 70 · I X XX V · texte numérisé non relu

I X XX V

M' insieur,

Je suis fort surpris du refus que les Suisses ont tait d'aller ;i Mardik, vous ave/ très bien lait de depescher en diligence poui

en donner advis, car <>n y remédiera de la bonne sorte, mai me remets sur ce point à M. Le Tellier.

vais opéré que M. le Protecteur ne retireroit pas les cinq compagnies sans en envoyer autant, veu que c'est la moindre cl qu'il puisse taire pour contribuer à la conservation de Mardik, je vous prie d'en escrire fortement a M. de Bordeaux afin qu'il

e instance pour le remplacement des compagnies, faisant connoitre à M. le Pi lecteur que, comme les ennemis peuvent venir en un instant attaquer ladite place, le secours ne pourrait pas venir a temps pour deffendre les deshors >'il n'y avoit pas du monde dedans pour les dettendre. le parleray en cette conformité .1 M. l'ambassadeur qui estyçy et je n'oublieray rien pour obliger M. le Protecteur à taire ce que dessus.

Je ne voudrais pas que l'on prist un équivoque à l'esgard des mousquetaire-- qui sont de delà avec vingt de mes gardes, car l'intention du Roy est que tout cela demeure .1 Mardik jusqu'à nouvel ordre.

Je VOUS prie de prendre voz mesures de bonne heure pour jetterdeuz cens chevaux au moins dan- la place lorsqu'il y aura apparence de siège. Et crove/ que l'intention des ennemis est de l'entreprendre avant la campagne.

lime semble que vostre régiment serait le plus propre pour bien servir en une occasion de cette nature.

Vous me ferez grand plaisir de me mander jusques a un homme ce qu'il y a dans ce que l'on a de-tache des gardes 1 ran-

ei et Suisses.

AU MARECHAL DAUMONT io5

J'ay fait encore partir de Saint Quentin six mil grenades et fait payer la voiture pour les porter à Calais d'où M. Dormesson prendra le soin de les envoyer à Mardik. Si vous voulez reprendre la dessus celles que vous avez fournies, on le trouve bon ; sinon vous pouriez attendre jusqu'à la fin du mois prochain, qu'on en envoyera encore quinze mil.

Souvenez-vous s'il vous plaist que ce n'est pas assez d'avoir les palissades qu'il faut pour les travaux d'à présent, mais qu'il est nécessaire d'en avoir un bon nombre en magasin pour les employer en présence des ennemis.

J'escriray au chevalier de Clerville de ne pas partir de Mardik que tout ce qu'il y doit faire ne soit achevé.

Je suis en peine d'avoir apris par le sieur de Bouys que vous ne vous portiez pas trop bien, j'espère que ce ne sera rien, mais je vous conjure d'avoir soin de vostre santé pour le service du Roy et pour la satisfaction de vos amis et de faire reflexion à ce que je vous ay fait escrire par M. Le Tellier que, si vous vous pourriez passer de venir icy, ce seroit le mieux et qu'en tout cas si vous aviez nécessairement à faire ce voyage, il faudroit que vous vinssiez en toute diligence pour vous en retourner de mesme,

Vous devez estre bien asseuré que je ne perdray point d'occasion de faire valoir auprèz du Roy le zèle que vous témoignez pour son service et qu'il n'y a personne qui soit avec plus de passion que moy, Monsieur, vostre très affné et très véritable serviteur,

Le Cardinal Mazarini.

Paris, le 3o janvier 1 658.

A M. le Mareschal d'Aumont, gouverneur du Boulonnois.

Archives de Monaco, fonds d'Aumont. — Minute à la bibliothèque nationale (Mël. Colbert, t. 52, fol. 44).— Cf. Lettres du Cardinal Ma^arin, t. VIII, p. 674; analyse.

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Il 11 EŒS DE MA/AKIN

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