‹ Correspondance du cardinal Mazarin avec le maréchal d'AumontChapitre 38 sur 70 · LETTRES DE MAZARIN A MADAME D'AUMONT · texte numérisé non relu

LETTRES DE MAZARIN A MADAME D'AUMONT

Madame1,

La passion et lé zélé que M. le Mareschal tesmoigne avec tant de fermeté pour lé service du Roy dans un temps ou Sa Majesté a plus a faire de ses ridelles serviteurs, m'ont obligé, outre l'inclination particulier que j'ay tousiour eu a l'honorer a rechercher touttes les occasions de lé servir, et il est vray que je lasseuray deonderement que jemployeray avec plaisir mes très humbles suplications auprès de Leurs Majestés pour luy faire obtenir des lettres de duc2. Et en effet je suis en resolution de demander et solliciter cette grâce, d'autant plus fortement, quelle doit estre partagée avec vous, Madame, pour laquelle jay tous les respects et estimé imaginable, mé flatant dans la croiance que vous me faites l'honeur de les agréer. Je scauray bien tost ce que je dois dévenir, et quelque chose qui puisse arriver. Je noublieraypas dé mètre toustes pieses en œuvré pour vous servir, vous supliant séalement dé n'en vouloir pas parler et dé croire que je suis dé tout mon cœur, Madame, vostre très humble et

obéissant serviteur,

Le Cardinal Mazarini.

A Bouillon, 3o septembre i652.

Madame la Mareschale d'Ainnont.

Archives de Monaco, fonds d'Aumont. — Cf. Affaires étrangères, France (t. îCy, fol. 267 v°); analyse dans Chéruel (t. V, fol. 685).

1 Autographe. et pairie de France sur le nom d'Aumont

2 Les lettres patentes du Roi portant sont datées de novembre i665. Mazarin 'rection du marquisat d'Isles en duché était mort depuis quatre ans et demi.

n6 LETTRES DE MAZARIN

Madame,

Je fais profession d'estre fort serviteur de M. le Marescha! d'Aumont. je croy l'avoir témoigné en toutes rencontre*, a s.i personne et à sa famille. Et je m'asscure que vous et luy estes bien persuadez de cette vérité. J'ay aussy beaucoup d'estime et d'amitié pour M. de Villequicr et je n'ay rien oublié pour prévenir le malheur quy luy est arrivé1. Mais je vou> prie. Madame, de considérer ce que je puis taire dans cet accident, me trouvant eslongné de la Cour corne je suis et sachant que le Roy est justement indigné, car quelque netteté que vous disiez qu'il y a eu -' dans le procédez de M. de Villequicr l'on ne peut excuser le peu de respect qu'il a eu pour les ordres et l'hauetorité de Sa Mi- ssté. Je verray a mon retour en quelle disposition seront les choses et je seray bien aise que l'amitié et la bienséance me permettent de luy rendre mes offices auprès de Sa Majesté, car je souhaitte avec passion de vous pouvoir tesmoigner en toutes occasions que je suis véritablement, Madame, vostre très humble et très véritable serviteur,

Le Cardinal Mazarini.

Calais, ce 10 aoust 1 658.

Minute avec correction autoçr.iphc Atijircs étrangères, France, t. 279, fol. 14). — Cf. Lettres du Cjrdinj! A/j^ïrin, t. VIII, p. $64.

Madame la Marcachalc d'Aumont.

1 J'ai exposé tout au long, dans la » Les trois passages encadrés ici sont

Pré/jce de ce volume, l'histoire du interlignés dans la minute de la main de

combat du marquis de Villequicr et du Mazarin. duc d'Elbcuf.

Madame,

J'ay esté fort fasché d'aprendre la maladie dangereuse dans laquelle est tombé M. votre mary et vous croirez aysement, Madame, la déclaration que je vous en fais, sçachant l'amitié et l'estime que j'ay pour sa personne et pour toute sa famille. Je veux espérer que Dieu luy rendra la santé et que ainsy je ne serai pas obligé d'interposer mes offices en votre faveur afin que le Roy considère vos interests, mais en tout cas je vous suplie de faire estât de mon service et de croire que je suis, Madame, vostre très humble et très véritable serviteur,

20 mars 1660.

Madame la Marquise d'Aumont.

Minute'.

Le Cardinal Mazarini.

4 Mél. Colbert, t. 52e, fol. 122 v°. — minute, on a corrigé en A/me la marquise Il y avait M«« Amelot sur la première d'Aumont.

Page 1