CXXXII
Monsieur,
La Royne. considérant combien il importe de ne pas souffrir le peu de soin que plusieurs officiera prennent de mener à leurs compagnies le nombre d'hommes de recrue pour lequel ils ont receu l'argent du Roy, soit pour profiter d'une partie OU par la
lîgence qu'ils aportent a conserver leurs soldats quand ils les ont levez, et ayant veu par les extraits de reveûes des recrues du régiment de Rambures que plusieurs cappitaines sont tombez dans ces manquemens, Sa Majesté a résolu de faire arrester ceux qui sont le plus notablement en faute. Et Bile envoyé pour effect à Arras un exempt avec Jeux archers qui vous rendra une despeche de Sa Majesté contenant particulièrement son intention sur ce subject, mais comme cet exemple de chastiment est capable de porter les cappitaines des autres corps a satisfaire a leur debvoir, aussy il est bien nécessaire et important qu'il ne soil point différé, et je vous doibs asseurer, Monsieur, que voua ne sçauriez taire chos lus agréable a Sa Ma SSté que de tenir la main à l'exécution de ce qui est en cela de sa volonté. Pour D je vous supplie a toujours de croire que je suis. Monsieur. VOSttC très humble et très ail'"' serviteur,
li I IIMKR.
A Paris, ce 21 fcbvricr 1O48.
M, de Villequier.
Monsieur,
Aprenant que les recrues des régiments d'infanterie logez dans les places de vostre commandement commencent à y arriver et estant nécessaire pour en empescher le dépérissement et esvitter que la despense excessive et les soins que causent ces nouvelles levées ne se rendent inutiles, joint l'importance qu'il y a d'avoir des troupes en bon estât à la campagne dont nous sommes tout proches, je mande à M. Le Vayer que l'intention du Roy est qu'il fasse mettre es mains des commis de l'exercice estans par delà, le fonds gênerai qui viendra de celuy des contributions pour en payer cinq sols par jour à chaque soldat des régiments de Picardie, Navarre, la Royne, S. A. R. et Noirmoustier, outre le pain de munition et ce pour les présens et effectifs seulement et sur les extraicts des plus exactes reveûes qui en auront esté faites à leur passage à Amiens et à leur sortie de Doulans par le sieur Danisy, auquel je donne ordre de les y conduire et d'envoyer les doubles desdits extraits audit sieur Le Vayer et de vous advenir et luy aussy du jour qu'elles debvront arriver à Arras, ou sur ceux des commissaires aux conduittes des recrues et des sieurs Guimier et Palizot ou de l'un de ceux qui debvront aller au-devant d'icelles suivant ce que je leur ay desja escrit, et leur confirmer encores, pour les compter exactement. Bien entendu que l'on s'arrestera à ceux desdits extraits de reveue qui parroistront les plus foibles. Je mande encore audit sieur Le Vayer qu'en m'envoyant un estât de cette despense je feray pourvoir au remplacement, en sorte que le fonds de la contribution n'en sera point diminué. J'ay jugé à propos de vous donner part de ce que dessus, afin qu'estant informé de tout ce qui concerne les troupes, vous puissiez d'autant
LETTRES DU ROI, DE LA REINE, ETC
plus soigneusement tenir la main à ce qui est des intentions
de Sa Majesté. Nous attendons avec quelque impatience de vos
nouvelles sur le passage des recrues de la garnison de Courtrav.
Je suis toujours. Monsieur, vostre très humble et très
affn< serviteur,