‹ Correspondance du comte de JaucourtChapitre 1 sur 10 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Après les beaux travaux de M. Pallain sur la correspondance du prince de Talleyrand, il semble qu'il n'y ait plus rien à dire sur ce sujet.

Cependant, nous croyons que la publication intégrale — et on peut dire inédite, M. Pallain n'y ayant fait que de rares emprunts, — de la correspondance du comte de Jaucourt, ministre intérimaire des relations étrangères pendant le congrès de Vienne, avec le prince de Talleyrand, ne sera pa.s sans intérêt pour le lecteur.

Elle se compose en grande partie de lettres qu'en langage diplomatique on appelle lettres particulières.

Accompagnant en général la dépêche offîcielle, mais n'étant pas elles-mêmes officielles, elles présentent un caractère simple, vrai, prime-sautier, intime, parfois même négligé, qui leur donne beaucoup de saveur et de piquant, surtout quand les correspondants sont des hommes supérieurs, d'infiniment d'esprit et liés d'une vieille et constante amitié.

Ces lettres offrent de plus ceci de particulier, on peut dire d'unique, qu'elles contiennent des sortes de procès-verbaux des séances du conseil du roi.

M. de Jaucourt, en effet, sentait l'importance qu'il y avait

à tenir M. de Talleyrand au courant de ce qui s'y passait, et joignait à sa relation des appréciations, prises sur le vif, des faits et gestes des différents membres du conseil, dont les dispositions n'étaient pas toujours très bienveillantes pour M. de Talleyrand.

Le voisinage de Téclatantc personnalité du prince de Talleyrand a maintenu M. de Jaucourt dans une pénombre, dont s'accommodaient du reste à merveille sa modestie et son désintéressement. Sans ambition personnelle, il fallait, disait un /Contemporain, « traîner Jaucourt au pouvoir, quand les événements Ty amenaient. On peut, ajoutait-il, voirie bout de Tesprit de son esprit, il est impossible d'apercevoir le bout de sa bonne gr&ce et de son amabilité. »

Ces lettres, non destinées à la publicité, mais propriété des correspondants, sont tombées dans le domaine public par suite des événements de la fin du congrès de Vienne. Jointes aux pièces officielles, elles ont été rapportées à Paris et déposées aux archives du département, où l'autorisation d'en prendre copie nous a été accordée avec la plus parfaite obligeaûce.

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