‹ Correspondance du comte de JaucourtChapitre 6 sur 10 · AVEC LE PRINCK DE · texte numérisé non relu

AVEC LE PRINCK DE

entre les mains de Buonaparte. Il f princes n'aillent point aux armées e çaises qui pourront être formées &\ employées d'une manière agressive, provinces qui seront recouvrées, à protéger les personnes et les proprié ser les attaques des corps de parti:

Buonaparte.

Quant aux propositions qui vier pour le moment, il faut se borner

Recevez, monsieur le comte, l'ass ration.

Lepri

Monsieur le comte,

Vous vous rappellerez que l'artic pulant de la part du Portugal la re çaise à la France, avait été considéré sant sa dignité et que, par cette ri refusé de ratifier ce traité. Par ce refi pas encore rétabli entre la France i était nécessaire qu'il le fût pour quE sans compromettre sa responsabilité Wellington. Pour remplir cet objet, ji avec M. le comte de Palmella, lesque

Que les dispositions de l'article 10 et non avenues et remplacées par lei

Que les territoires situées à la g jette dans la mer entre les quatrièm tude septentrionale, seront remis à S de Navarre, aussitôt que les circom prendre possession;

Qu'il sera fait une convention pour

française et portugaise et pour déterminer le véritable sens de l'article 8 du traité d'Utrecht.

Qu'en conséquence de ces stipulations, toutes les dispositions du traité de Paris autres que celles qui se trouvent ainsi modifiées sont reconnues valables et obligatoires pour la France et le Portugal.

Ces deux articles doivent faire partie de l'acte définitif du congrès.

Vous remarquerez, Monsieur le comte, que ces deux articles diffèrent plus pour la forme que pour le fond de celui du traité de Paris. Le Portugal s'engage à remettre ce qu'il ne conteste pas. Sur ce qu'il conteste, nous ne faisons aucune concession, et je tenais surtout à n'en pas faire dans les circoAstances actuelles.

J'ai signé aussi avec lord Slewart(l)et M. le comte de Palmella le protocole du congrès sur la traite des nègres. L'engagement que nous y contractons est d'interdire aux sujets du roi le commerce des noirs sur les côtes d'Afrique situées au nord de la ligne. C'est peu de chose au delà de ce que nous avions déjà promis et cela forme une démarcation précise. J'ai cru que dans ce moment où nous avons un si grand besoin de l'Angleterre, nous ne devions pas refuser de prendre cet engagement auquel le gouvernement britannique attache un grand prix. Du reste, je n'ai pas voulu qu'il pût paraître une concession nouvelle obtenue par lui à la faveur des circonstances. Les articles arrêtés se présentent comme une conséquence des sentiments manifestés par le roi dans le premier article additionnel au traité de Paris, entre la France et la Grande-Bretagne et de l'état où Sa Majesté a reconnu que ses colonies se trouvent. Du reste, cette disposition, indiquée par le traité de Paris, était prévue par le commerce français qui n'a pas envoyé un seul bâtiment de ce côté.

Tout le monde ici blâme la phrase de la déclaration du roi conçue dans les termes suivants : C'est à cette condition que nous nous sommes décidés à leurs secours généreux. On trouve que c'est mal prendre la position du roi.

(1) Lord Stewart, frère consanguin de lord Castlereagh, qu'il accompagna au Congrès de Vienne.

Demain, je vous enverrai la pièce publiée par les P qui doit tenir tieu de déclaration. Elle répond tranqi fortement et sans injures, à toutes les publications France.

Agréez, Monsieur le comte, l'assurance de ma bautt

Le prince de Talleyran

Vienne, le 17 maà Monsieur le comte.

On a beaucoup remarqué en Allemagne les articles d pondant de Hambourg qui ont été faits par M. Boun font une telle impression que l'on désirerait que M. B se rapprocbât pour surveiller un journal qui serait îs du quartier général, et qui aurait pour titre Journal de M. Bourrienne, qui connaît très bien l'Allemagne et l'esp habitants, et qui, d'ailleurs, a beaucoup de tact, comp: faitement ce qui peut produire un bon effet dans ce p en produire un mauvais dans les autres. Il sentira très I ce qu'il faut dire et ce qu'il faut tîûre, et de quelle e est convenable de présenter les événements et les me seront prises, pour ne point blesser les opinions en Fra avant de lui donner un congé pour se rendre à Gand, o bien aise de le trouver, je désirerais que vous lui envoy lettres de créance comme ministre du roi à Hambou bon, pour l'opinion, qu'il les présente avant de partir, suite ce soit par congé qu'il quitte cette ville.

Je suis amené, en vous parlant du Journal de VI vous entretenir de nouveau de celui de Gand. Il déplait ment. Souvent il est injurieux, ce qui est au moins : ordinairement nuisible. Vous devriez bien dire au qui est, je croîs, M. Laborie, qu'il faut qu'il ait la foi jamais se montrer réacteur, et pour cela il faut plus qu'on ne pense.

Je VOUS envoie la pièce que j'ai eu l'honneur de vous annoncer hier. Vous trouverez que c'est une bonne discussion. Elle établit clairement la ligne sur laquelle les Puissances veulent se placer. Je crois que vous ferez bien de la faire réimprimer partout. Mais il ne faut point qu'elle ait l'air d'être sous la protection du roi. Pour tout ce qui est guerre, son nom ne doit jamais paraître. J'ai envoyé cette pièce en Suisse où elle va être réimprimée. Les journaux anglais et allemands la répandront aussi de tous côtés.

Agréez, Monsieur le comte, l'assurance de ma haute considération.

Le prince de Talleyrand.

P.-S. — Je viens de recevoir deux lettres deM.de La Tour du Pin. J'ai l'honneur de vous les envoyer ainsi que celle de M. le marquis d'Osmond qui les renfermait. Les lettres de M. de La Tour du Pin prouvent tout son bon cœur et tout son attachement à la cause du roi.

Le congrès de Vienne a terminé son rôle, renouvelé l'teuvre historique des traités de Westphalie en posant les bases du nouvel équilibre européen. Le 23 mai, le prince de Talleyrand écrit au roi :

« Dans mes audiences de congé, j'ai reçu de la part de tous les souverains des témoignages des meilleurs sentiments pour Votre Majesté. Ces audiences n'ont pas seulement été de forme, elles ont été beaucoup plus longues que celles qui sont ordinairement accordées dans de semblables circonstances. J'aurai l'honneur d'en rendre compte à Votre Majesté. Quoique tout ne soit pas encore achevé, l'empressement que j'ai de me trouver près de Votre Majesté m'avait déterminé à partir demain; mais M, de Mçttçriûch et

AVEC LE PRINCE DE TALLEYRAND 3Sl

M. de Nesselrode, ainsi que le chancelier Hardenberg, m' ayant prié de signer, avec tous les chefs de cabinet, les protocoles qui contiennent les arrangements arrêtés par le congrès, j'ai cru devoir céder à leur demande, qui ne retardera mon départ que de deux jours. Ces protocoles contiendront la rédaction définitive, à quelques modifications prés, et qui ne pourront porter que sur les expressions, des articles qui devront former l'instrument du congrès. Une commission, composée d'un plénipotentiaire de chaque puissance, sera laissée ici pour mettre ces articles dans l'ordre convenable et séparer ce qui fixe les relations particulières de ce qui tient à l'intérêt général. Je laisserai ici M. Dalberg pour représenter la France dans cette commission... Si je n'éprouve point d'obstacles inattendus, je serai aux ordres de Votre Majesté, à Gand, le dimanche 4? »

Cependant, le départ du diplomate est relardé de quelques jours par « une intrigue assez forte » qui tendait à faire ajourner la signature de l'acte essentiel du congrès de Vienne. Talleyrand réussit à emporter une solution ferme et, le 27 mai 1815, il écrit de nouveau à Louis XVIII : « Je n'aurai plus l'honneur d'écrire à Votre Majesté de Vienne. Je vais me mettre en route et porter à ses pieds l'hommage de mon respect et de mon dévouement. »

Il quitte, en effet, Vienne le 11 juin. Par ce fait, la mission du comte de Jaucourt prenait fin. On était à la veille de Waterloo.

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