‹ Correspondance du comte de Serre (1796-1824) (volume 2)Chapitre 110 sur 241 · Le comte 8iméon à M. de Serre · texte numérisé non relu

Le comte 8iméon à M. de Serre

31 mars 1890.

M . Pasquier vous aura tenu au courant, mon cher collègue, de toutes les tribulations à travers lesquelles nous avons obtenu les deux lois relatives à la liberté individuelle et à la censure des journaux. Il nous reste à livrer la grande bataille des élections , et nous y arrivons harassés des fatigues des deux combats précédents et de l'impopularité qu'ils ont versée sur nous. Quelque bonnes que soient nos vues, nous sommes sur un mauvais terrain. La majorité dont nous aurions besoin est bien incertaine sur le projet de loi relatif aux élections. Il fourmille d'ob-

jectÎQns graves, et l'on s'accorde généralement à penser que, tant qu'il sera composé de quarante articles, la discussion en sera interminable, vu la tactique employée par le centre gauche dans la discussion des deux projets précédents. J'augure mal denotre projet, car la crise me paraît violente; l'aigreur, l'audace, l'insolence du centre gauche surpassent ce que j'avais vu dans les Cinq-Cents à la veille du 18 fructidor. Je n'en combattrai pas moins du peu que j^ai de forces et de moyens, et le dévouement qui m'a fait accepter un fardeau pour lequel j'avais une bien forte répugnance ne m'abandonnera pas ; mais je voudrais qu'il ne fût pas inutile. Je vous regrette autant pour le conseil que pour la discussion, car il serait bien essentiel que nous pussions nous préparer une discussion avantageuse par la manière dont le sujet en serait préparé : en l'état je le crois mauvais. Mais ce n'est point là le sujet principal de ma lettre.

Je dois vous parler

Mes respects à M°** de Serre, mille vœux pour votre santé et votre prompt retour.

SiMÉON.

ftùh CORRESPONDANCE

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